dimanche, août 23

L’ancien commentateur devenu homme politique, Raphaël Glucksmann devait annoncer dimanche soir sa candidature à l’élection présidentielle française de l’année prochaine, rejoignant ainsi une liste de prétendants déjà très fournie, y compris au sein même de la gauche.

Âgé de 46 ans, cet ancien essayiste et député européen, qui dirige le parti de centre-gauche Place publique, devrait officialiser sa candidature lors d’une interview en prime time sur la chaîne de télévision TF1.

C’est déjà sur TF1 que le 26 mai dernier, l’eurodéputé de 46 ans avait annoncé se donner trois mois « pour sillonner le pays », « proposer (un) nouveau contrat patriotique », et « réunir (sa) famille politique » pour la présidentielle.

Si cette annonce est sans surprise et ne bouleversera rien à court terme, sa décision devrait entraîner une conséquence immédiate : la compagne de Glucksmann, la journaliste Léa Salamé — figure de proue de la chaîne publique concurrente France 2 — devrait annoncer qu’elle se met en retrait pour éviter tout conflit d’intérêts durant la campagne.

La cheffe de file de l’extrême droite française, Marine Le Pen, entrevoit sa meilleure chance de conquérir l’Élysée en 2027 après trois tentatives infructueuses, mais de nombreux candidats issus du camp centriste du président Emmanuel Macron (qui ne peut briguer un nouveau mandat après deux tours dans l’Élysée) ainsi que de la gauche se sont déjà déclarés.

Le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon se présente, lui aussi, pour la quatrième fois, tandis que la cheffe des écologistes Marine Tondelier mène campagne dans le cadre de la primaire unitaire alors qu’elle est enceinte ; l’ex-ministre écologiste Delphine Batho a annoncé sa candidature pour conjurer une « rikikisation » et une « disparition » de l’écologie ; de leur côté, le premier secrétaire du Parti socialiste (PS) Olivier Faure et même, potentiellement, l’ancien président socialiste François Hollande envisagent de se lancer dans la course.

Le Nouvel Obs recensait, en juin 2026, plus de vingt-cinq candidatures déjà officiellement déclarées ou revendiquées.

« Glucksmania » saurait-elle franchir la barrière de l’âge ?

Les sondages créditent Raphaël Glucksmann — populaire auprès des jeunes, au point que certains évoquent une « Glucksmania » — de 10 à 12 % des intentions de vote ; un score honorable, mais probablement insuffisant pour accéder au second tour.

Il est également fort de ses 13,8% aux dernières européennes, où il menait une liste PS-Place Publique qui l’a placé en tête de la gauche.

Afin d’éviter un trop grand éparpillement des voix, le Parti socialiste et Place publique prévoient d’organiser une primaire en octobre pour désigner un candidat unique. Les modalités de ce processus de désignation doivent être finalisées dans les prochains jours et validées par les instances des deux partis mardi prochain.

Les militants socialistes, consultés début juillet, ont rejeté la primaire ouverte souhaitée par le patron du PS Olivier Faure, lui préférant une « primaire fermée », réservée aux adhérents du PS, de Place publique ou d’un « pôle social-démocrate », donnant un corps électoral restreint plus favorable à Raphaël Glucksmann.

Bien que Glucksmann adopte un ton plus réformiste et centriste que le PS, il a tout intérêt à collaborer avec ce parti historique et à bénéficier de sa machine électorale, ne disposant pas d’une structure propre suffisante pour appuyer sa future candidature.

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Fils du philosophe André Glucksmann, il a travaillé entre 2009 et 2013 — alors qu’il était encore un jeune idéaliste aux cheveux en bataille — comme conseiller auprès de Mikheil Saakachvili, l’ancien président géorgien résolument pro-occidental. Actuellement emprisonné dans son pays, Saakachvili était un adversaire résolu de la Russie après la guerre de 2008 entre les deux nations.

Fervent défenseur de l’Europe et opposant farouche à l’extrême droite, Glucksmann soutient également avec vigueur l’Ukraine dans sa lutte contre l’invasion russe et est connu pour sa fermeté vis-à-vis de la Russie de Vladimir Poutine.

Née à Beyrouth et âgée de 46 ans, Salamé avait déjà annoncé qu’elle se retirerait de la présentation du journal télévisé phare qu’elle anime depuis 2025 si son compagnon se portait candidat à la présidence. Salamé, qui présentait le JT et devait initialement reprendre lundi, devrait être remplacée par Jean-Baptiste Marteau, joker aux manettes cet été.

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Elle a toutefois affirmé qu’elle restait objective. « Je suis une journaliste indépendante et honnête, une femme libre », a-t-elle déclaré en février, tout en reconnaissant que les interrogations sur leur situation personnelle et professionnelle étaient « légitimes ».

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