dimanche, août 30

Pas question pour Olivier Faure d’annoncer sa candidature à la primaire de la gauche à Blois. Le Premier secrétaire entretient le suspense avec une date butoir fixée au 15 septembre. L’élu de Seine-et-Marne préfère jouer la carte de l’unité et défend une ligne de rassemblement notamment avec les écologistes. « L’heure du socialisme écologique a sonné. Les annonces marketing sans lendemain, ça suffit », a-t-il déclaré.

Pas une seule fois Olivier Faure ne cite le grand rival du PS, LFI et son candidat Jean-Luc Mélenchon, mais il tente de leur faire concurrence en évoquant des thèmes qui leur sont chers et distribue les coups contre l’extrême droite. « L’extrême argent s’est cyniquement choisi l’extrême droite comme alliée, et réciproquement. Nous assistons à une nouvelle mutation du capitalisme », estime Olivier Faure.

Il attaque également Jean-Luc Mélenchon et ses soutiens qui ont accusé le Parti socialiste d’être la béquille du macronisme. « Ne comptez pas sur nous pour assurer la survie du macronisme. Nous avons su prendre nos responsabilités dans le cadre d’un compromis », assure le premier secrétaire du Parti socialiste.

Il hausse aussi le ton face au gouvernement, le menaçant de ne pas voter le prochain budget. « Si la copie qui sort des débats est celle de messieurs Attal et Philippe, nous censurerons. »

À huit mois de la présidentielle, Olivier Faure entend rappeler qu’il faudra compter avec lui.

Des militants face à une pléthore de candidatures

Au Parti socialiste, la primaire pour la présidentielle ressemble de plus en plus à un départ en masse : Philippe Brun, Jérôme Guedj, Ségolène Royal… et désormais Raphaël Glucksmann. Les prétendants se multiplient. Olivier Faure pourrait aussi se déclarer. Hors primaire, le maire de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, s’est déjà positionné lui aussi, tandis que François Hollande pourrait encore entrer dans la course.

Alors que LFI est déjà en ordre de bataille et alors que Jean-Luc Mélenchon a su créer une dynamique, cette multiplication des candidatures pose une question simple aux militants : est-ce le signe d’un PS qui retrouve des couleurs ou d’un parti incapable de se rassembler ?

Dans les allées du rendez-vous de rentrée des socialistes, la question divise. Pour certains militants, la primaire devrait être encore plus large avec des candidatures venant de toute la gauche. Plusieurs candidats, c’est d’abord le signe d’un parti qui retrouve des ambitions.

« On attire et tant mieux parce qu’il y aura vraiment besoin de toutes les forces de gauche pour essayer de faire quelque chose à cette présidentielle », explique Isabelle, militante au Parti socialiste. « Ça montre qu’il y a un enjeu autour de cette primaire. Après je pense que c’est une bonne chose s’il y a d’autres candidats qui nous sont proposés que ceux qui nous sont proposés parce qu’aujourd’hui le champ politique qui est couvert par les candidatures n’est pas suffisant à mon sens pour rassembler la gauche et demain parler aux écologistes, aux communistes par exemple et aux autres partis de la gauche, donc il faudrait a minima qu’il y ait Olivier Faure effectivement qui se présente. »

La crainte de donner l’image d’un parti divisé

Mais pour d’autres, cet éclatement des forces commence à inquiéter. Car derrière la diversité des profils, certains redoutent surtout une bataille d’ego. Patrice estime que les nombreuses candidatures peuvent donner l’image d’un parti divisé. « À mon niveau, je m’interroge. Est-ce que c’est vraiment le bon choix ? C’est vraiment une source d’interrogation. »

Car derrière les candidatures, ce sont aussi des visions qui s’affrontent. Faut-il privilégier un candidat issu du PS, ou miser sur Raphaël Glucksmann, qui veut incarner une gauche social-démocrate plus large ? Et surtout, que faire si Olivier Faure ou François Hollande entrent à leur tour dans la course ?

Pour Baptiste, peu importe si les candidatures sont nombreuses. L’important, c’est de respecter le vote des militants à la primaire. « Une fois que ça sera désigné, tout le parti sera derrière notre candidat. Qu’il y ait des courants, ça a toujours existé, moi j’ai toujours connu des courants au PS et des sensibilités. À la belle époque, ça allait de Valls à Mélenchon et c’est pas grave. La primaire, ça peut autant diviser que rassembler. On a eu des belles expériences de primaires et des moins belles. Ça dépendra de ce qu’on va en faire. »

Chez les socialistes, la primaire est donc attendue comme un moment de clarification. Reste à savoir si, derrière le vainqueur, les socialistes sauront enfin se rassembler.

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