
Œuvre intimidante, à la fois déroutante et parfaitement cohérente, Twin Peaks reste pour les puristes le chef-d’œuvre de David Lynch. Réalisés entre 1990 et 2017, avec un hiatus de vingt-cinq ans entre la deuxième et la troisième saison, intitulée The Return, les 48 épisodes de la série du cinéaste sont disponibles en intégralité et gratuitement sur la plateforme Arte.tv, jusqu’au 19 décembre. Même s’il manque Fire Walk with Me, le long-métrage en forme de préquel sorti en 1992, c’est l’occasion d’un rattrapage en règle de ce vaste projet esthétique et métaphysique, auquel l’artisanat des séries d’aujourd’hui est largement redevable.
La mère des séries d’auteur
Toute personne ayant jamais écrit ou réalisé une série qui a pour décor une petite ville sans histoire, et revendiqué au passage un peu de liberté artistique, ne peut se réclamer d’autre chose que de Twin Peaks. La première saison, diffusée en 1990 sur la chaîne télévisée américaine ABC (puis sur La Cinq de Berlusconi en France), résulte d’une conjonction de facteurs qui tiendrait aujourd’hui du miracle. Soit un réalisateur déjà connu, David Lynch, dont les projets cinématographiques sont au point mort ; un scénariste de séries chevronné, Mark Frost ; et une chaîne en panne d’audience et d’idées… De cet alliage détonnant surgit un thriller au pitch simplissime – qui a tué Laura Palmer ? –, mais à la narration éparpillée, nimbée d’une atmosphère unique.
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