lundi, février 9

  • Apprendre une leçon n’est pas toujours une mince affaire.
  • Pour éviter les trous de mémoire, il est important de mémoriser les informations sur le long terme.
  • Une chercheuse en psychologie dévoile les clés pour réussir ses révisions.

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vie pratique

Réviser, cela ne s’improvise pas. Seulement, le stress d’un examen, la difficulté de la leçon ou la quantité d’informations à mémoriser peuvent dérouter. Il est pourtant possible de trouver le bon rythme de travail pour apprendre, et ce sur le long terme. Pour cela, il faut simplement pratiquer la répétition. C’est le seul principe qui permet de « contrer notre tendance naturelle à oublier », comme l’explique Emilie Gerbier, maîtresse de conférences en psychologie à l’Université Côte d’Azur, dans un article publié dans la revue The Conversation (nouvelle fenêtre). Pour établir sa méthode, elle se base sur des recherches en psychologie cognitive. Dans un premier temps, chaque temps de révision doit contenir un temps d’auto-évaluation, au lieu de simplement relire. « Après chaque tentative de récupération en mémoire, les informations non rappelées doivent être ré-étudiées », détaille-t-elle. Pour ce faire, il est possible d’utiliser des cartes question-réponse, des quiz en ligne ou la bonne vieille méthode du papier-crayon.

Se créer de la difficulté

La bonne nouvelle, c’est qu’il est inutile de se fatiguer à réviser en continu. La docteure en sciences cognitives ajoute qu’il faut appliquer « l’effet d’espacement ». Elle conseille de privilégier une séance tous les trois jours, plutôt que tous les jours. Une séance de révision plus éloignée dans le temps demandera en théorie plus d’effort à la mémoire. « Ce sont justement ces efforts qui renforceront les souvenirs, favorisant la rétention sur le long terme », écrit Emilie Gerbier qui précise qu’il faut même « se méfier de la facilité » dans le domaine de l’apprentissage. Ce principe a même été appelé « difficulté désirable » par Robert Bjork, professeur émérite de psychologie à l’Université de Californie.

Comment organiser ses sessions d’apprentissage ?

Pour entretenir la mémoire, il faut donc trouver l’intervalle parfait pour créer des réactivations. Cet ajustement dépend de chaque individu, mais aussi de l’information en question. Si Emilie Gerbier explique qu’il n’y a « pas de consensus scientifique » sur la meilleure série d’intervalles de sessions de révision, elle conseille tout de même de faire la première séance de « réactivation » dès le lendemain. 

« Le sommeil nocturne aura permis au cerveau de restructurer et/ou de renforcer les connaissances apprises la veille », détaille-t-elle. Après avoir commencé à espacer les sessions, on peut petit à petit insérer de nouvelles connaissances. C’est ce que la scientifique appelle « le programme expansif ». « En ajoutant ainsi des contenus au fur et à mesure, il est possible de mémoriser de façon durable un très grand nombre d’informations sans décupler le temps passé à les étudier », détaille-t-elle. C’est la méthode qui permet de coupler le travail de la mémoire, qui est donc le meilleur moyen d’emmagasiner sur le long terme les informations, tout en ne se surchargeant pas.

Jeanne MARTIN pour TF1 INFO

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