mardi, janvier 27

Manon le concède sans grande fierté, « les voyages en avion ont toujours un peu fait partie de [sa] vie ». Après les régulières vacances en famille à l’étranger lorsqu’elle était enfant, cette Parisienne, âgée de 22 ans aujourd’hui (et qui ne souhaite pas donner son nom), a multiplié dès sa majorité les « petites virées » entre potes en Europe. Puis sont venues « les aventures en sac à dos » à l’autre bout du monde ; au Japon, au Canada, ou encore en Indonésie à l’été 2025…

Mais depuis quelque temps, celle qui est aussi étudiante en master affaires internationales et développement durable à l’université Paris-Dauphine n’arrive plus à éluder la question de l’impact écologique de ses voyages. « A chaque vol, je culpabilise d’exploser mon bilan carbone, raconte-t-elle. J’en dors mal avant et après… »

Mais si Manon tanne maintenant régulièrement ses amis pour chercher des alternatives au transport aérien et ne plus « partir en avion pour un week-end », elle confie n’être pas sûre « d’avoir des convictions encore assez fortes pour leur dire “partez sans moi !” » Ou pour renoncer à aller à l’autre bout du monde en été… La jeune femme avance sur une ligne de crête, entre convictions écologiques et désir de découverte par avion, à l’image de nombreux jeunes de sa génération. La forte sensibilité écologique des 18-35 ans va de pair avec une utilisation su transport aérien au moins aussi importante que les autres générations.

Cet apparent paradoxe, que moquent, parfois un peu vite, des représentants d’autres classes d’âge sur les réseaux sociaux ou dans les médias, avait déjà été analysé dans une enquête de Greenpeace de 2022. Il sort renforcé d’une étude publiée en 2025 par la Fédération nationale de l’aviation et de ses métiers (FNAM), organisation professionnelle représentant les compagnies aériennes. On y apprend que les 18-34 ans, bien que se déclarant plus sensibles que leurs aînés aux enjeux de l’impact environnemental de l’avion, représentent désormais… 46 % des passagers en France, soit une hausse de 9 points par rapport à 2016. En 2025, le nombre de passagers aériens (183 millions) y a dépassé son niveau d’avant la pandémie de Covid-19, selon des chiffres diffusés le 26 janvier.

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