samedi, janvier 24

  • Le populisme est un discours politique s’adressant aux classes populaires et critiquant le système.
  • Le sociologue et docteur en urbanisme Alain Cluzet note une augmentation en Europe.
  • Il partage son analyse dans une interview disponible dans la vidéo en tête de cet article.

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On ne plaisante pas avec l’info

Alain Cluzet, sociologue et docteur en urbanisme, remarque une montée du populisme en Europe, c’est-à-dire d’un « discours politique s’adressant aux classes populaires, fondé sur la critique du système et de ses représentants« . 

Pourquoi une telle progression ? Sont souvent cités le pouvoir d’achat, la corruption des élites et l’immigration, des raisons qu’Alain Cluzet « a tendance à invalider« . 

Selon lui, le pouvoir d’achat n’a cessé d’augmenter, mais la façon de le prendre en compte est passée d’un point de vue collectif à individuel. La corruption des élites est toujours d’actualité. Et l’immigration est minime : 1 million de personnes arrivent en Europe chaque année, soit 0,2% de la population, indique-t-il. « Si ces raisons-là étaient les bonnes, le populisme ne progresserait pas autant qu’il progresse. Et il progresse dans les pays les plus riches : la Finlande, la Suède, les Pays-Bas. » 

Selon Alain Cluzet, la raison principale est l’individualisme croissant de la population. « L’astuce immense qu’ont trouvée les populistes, c’est de parler non pas à tous, mais à chacun. Et donc on individualise le rapport en passant par l’émotion« , explique-t-il. Pour y remédier, les villes – où les populistes sont moins populaires, rappelle-t-il – devraient continuer à développer « de l’espace public et de l’espace commun« . « Cet espace commun, c’est finalement les lieux où on se frotte à la différence et où on apprend l’acceptation de la différence et de la diversité. »

Gaëlle SHEEHAN

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