- La troisième opération de relocation de grand tétras, le plus grand oiseau sauvage d’Europe, vient de se terminer dans le massif des Vosges.
- Le ministère de la Transition écologique a fait savoir qu’il n’y en aurait pas d’autre.
- La mortalité des individus déplacés et l’évolution du massif des Vosges dans le contexte du changement climatique ont eu raison de ce programme qui visait à développer cette population en voie de disparition.
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Combien sont-ils à être encore en vie ? C’est l’une des questions auxquelles devra répondre l’enquête menée autour de l’opération de relocation de grands tétras dans le massif des Vosges. Celle-ci visait à réintroduire cet animal en voie de disparition dans cette forêt, en y installant des individus de cette espèce d’oiseaux sauvages les plus grands d’Europe, également appelée coq de bruyère.
Des lâchers de grands tétras prélevés en Norvège ont eu lieu en 2024, 2025 et 2026, mais sur les 16 individus introduits lors des deux premières années, seulement un ou deux étaient encore en vie en 2026. Dix-sept autres viennent d’être introduits au printemps lors de la troisième et dernière opération. Le Parc naturel régional (PNR) des Ballons des Vosges, qui pilote le programme, vient d’annoncer la naissance de quatre petits, à la mi-juin, nés d’une poule introduite lors de la première vague, en 2024.
Les forêts de l’Est sensibles au réchauffement climatique
Ce programme, qui a coûté chaque année 230.000 euros, n’ira pas plus loin en termes de réintroduction, a-t-on appris jeudi du ministère de la Transition écologique. Officiellement, il se poursuit jusqu’en 2029, avec le suivi de la population installée ; mais il n’y aura pas d’introduction supplémentaire.
Pour expliquer cette décision, deux éléments sont mis en avant : la mortalité des individus déplacés et l’évolution de « l’habitabilité des Vosges à moyen et long terme »
face au réchauffement climatique. Deux points sur lesquels avaient alerté les associations, prédisant l’échec de la mesure de réintroduction en l’absence de mesures concrètes pour adapter cette forêt au changement climatique. Les forêts de l’Est sont particulièrement sensibles au réchauffement, victimes notamment de parasites, tels que les scolytes.
Dans ce contexte, les associations, dont SOS Massif des Vosges, avaient plusieurs fois demandé de mettre fin au programme, l’habitat n’étant plus favorable à la survie des oiseaux. La décision du gouvernement « met fin à une opération que nous contestions depuis son origine, non parce que nous aurions souhaité la disparition du Grand Tétras, mais précisément parce que nous considérions qu’on ne pouvait restaurer durablement une espèce sans restaurer d’abord les conditions qui permettent sa présence »
.
SOS Massif des Vosges recommande d’ailleurs que l’argent du programme « soit consacré à la restauration et à la résilience des écosystèmes du massif vosgien »
. « C’est là que doivent aller les moyens »
, écrit l’association. « Non plus chercher des oiseaux à 2.000 kilomètres pour tenter de compenser artificiellement leur disparition, mais faire en sorte que les Vosges redeviennent capables d’accueillir durablement une biodiversité riche et fonctionnelle. »
Le Parc des Ballons des Vosges en désaccord
De son côté, le Parc des Ballons des Vosges a au contraire estimé que les naissances de juin montraient « qu’il y avait un potentiel reproducteur chez ces oiseaux-là et que le milieu est favorable »
. Le ministère, lui, dit suivre « attentivement les résultats du programme et notamment le devenir des individus transloqués »
. Un premier bilan est attendu cet hiver.



