mercredi, avril 1

  • L’État hébreu a annoncé mardi mettre fin à ses achats de matériel de défense en France, après l’interdiction de survol de son espace aérien par des avions chargés de munitions.
  • Entre les deux pays, les tensions couvaient depuis la reconnaissance par Paris de l’État de Palestine, en septembre 2025.

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Un mois de guerre au Moyen-Orient

C’est une décision qui en dit long sur l’état particulièrement tendu des relations (nouvelle fenêtre) entre la France et Israël. Mardi 31 mars, le directeur général du ministère israélien de la Défense a annoncé à travers sa porte-parole qu’il allait « ramener à zéro » les achats militaires effectués en France. Ces fonds seront ainsi réorientés vers des industries israéliennes, des « achats Bleu et Blanc », couleurs du drapeau hébreu, ou vers des pays jugés plus fiables.

Pourquoi maintenant ? Les autorités israéliennes accusent en réalité la France d’avoir agi « à plusieurs reprises », ces dernières années, « pour porter atteinte à la sécurité d’Israël et à la capacité opérationnelle de ses industries de défense », et jugent « avec la plus grande gravité la politique du gouvernement français ». 

Une réaction à la reconnaissance par Paris de l’État de Palestine (nouvelle fenêtre) en septembre 2025, mais aussi à l’interdiction récente faite aux avions israéliens transportant des munitions destinées à la guerre contre l’Iran de transiter par l’espace aérien français. Une décision d’autant plus mal vécue qu’elle aurait été prise « malgré une coordination préalable » et « malgré des explications selon lesquelles les munitions étaient destinées exclusivement à un usage contre l’Iran ». « Nous confirmons cette décision, qui est conforme à la position française depuis le début de ce conflit », a de son côté répondu l’Élysée quelques heures plus tard. 

223 millions d’euros entre 2015 et 2024

Mais cette fin des commandes d’armes est à relativiser. Car selon le dernier rapport du Parlement français sur les exportations d’armement, entre 2015 et 2024, les commandes israéliennes auprès des industries françaises (nouvelle fenêtre) de défense ont totalisé 223 millions d’euros, soit une vingtaine de millions par an. À titre de comparaison, la France a engrangé 21,6 milliards d’euros de commandes étrangères en 2024.

Et encore : selon ce même rapport, « la France ne livre pas d’armes à Israël mais exporte des composants ayant vocation à être intégrés dans des systèmes défensifs ou à être réexportés vers des pays tiers ».

Reste que le timing de l’annonce, avant tout symbolique, peut interroger. Car plus tôt dans la journée, Donald Trump critiquait lui aussi la France sur son réseau Truth Social, l’accusant d’être « très peu coopérative » dans la guerre contre l’Iran.

Depuis le 28 février, Paris s’est pour l’heure refusé à soutenir ouvertement les opérations militaires israélo-américaines, ni même à permettre aux États-Unis d’utiliser ses bases dans la région.

Aymen Amiri avec AFP

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