Cassandre est une prophétesse de la mythologie grecque qui, parce qu’elle a refusé les avances d’Apollon, est vouée à crier des vérités que tout le monde refuse de croire. Comme un écho, Cassandre est aussi le prénom du personnage principal du premier long-métrage d’Hélène Merlin, qui a puisé dans sa propre adolescence, marquée par l’inceste que lui a fait subir son frère.
Nous sommes à l’été 1998. Cassandre a 14 ans, elle rentre pour les vacances dans le manoir familial. Ses deux sœurs aînées se sont envolées – on connaîtra plus tard la raison de leur absence. Seul son frère, Philippe, passe l’été avec elle. Il a 18 ans et rentre des « States », où ses parents l’ont envoyé pour pallier ses difficultés scolaires.
Intrusion partout, intimité nulle part
Le père de Cassandre, campé par un Éric Ruf d’un virilisme triomphant, est militaire. Il parade en uniforme dans sa propre maison, claque des talons, engloutit de la viande en traitant les végétariens de « cons », débite des anecdotes guerrières à la volée : un homme, un vrai. Sa femme est incarnée par Zabou Breitman, qui trouve le point d’équilibre entre les deux ingrédients opposés qui semblent former sa nature. Elle oscille entre une légèreté fantasque, héritée de l’esprit soixante-huitard, et une dureté glaciale, fruit de traumatismes sexuels frappant les femmes de sa famille de génération en génération.
À LIRE AUSSI Quels films voir au cinéma ce mercredi 2 avril ?Ici, on se baigne et on bronze dans le plus s […] Lire la suite