mercredi, janvier 21

LETTRE DE PÉKIN

Fresque murale réalisée par le graffeur berlinois Eme Freethinker, sur un mur du parc public Mauerpark, à Berlin, le 26 avril 2025.

Même dans leurs scénarios les plus fous et leurs rêves les plus audacieux, les stratèges chinois auraient eu du mal à imaginer un tel développement. Que la puissance américaine, qui avait abandonné ses guerres sans fin en Afghanistan et au Moyen-Orient pour pouvoir se consacrer pleinement à sa nouvelle priorité – faire face au défi qu’est l’ascension de la Chine notamment en Asie et dans le Pacifique –, prenne soudainement un virage aussi inattendu qu’irrationnel pour se consacrer cette fois à chercher à prendre le contrôle… du Groenland.

Dans ce processus, les Etats-Unis menacent d’étouffer sous les droits de douane leurs plus proches alliés et n’excluent pas contre eux l’option militaire. Au contraire, ils semblent chérir l’accalmie de leurs relations avec la Chine après une guerre des droits de douane au printemps dernier qui a menacé de laisser les rayons des supermarchés américains sans produits made in China, les industriels sans terres rares et les agriculteurs du Midwest avec leur récolte de soja sur les bras.

Pour la Chine, qui n’a de cesse de dénoncer l’hégémonie des Etats-Unis et leurs réseaux d’alliances, l’OTAN en Europe et les traités de défense mutuelle avec le Japon et la Corée du Sud notamment en Asie, le moment est inespéré. « Si Trump passe à l’action militaire contre le Groenland, le concept d’Occident s’effondre », lit-on dès le titre d’une interview d’un des plus respectés penseurs chinois des relations internationales, Yan Xuetong, publiée le 14 janvier sur le site d’information de la chaîne Phoenix TV.

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