lundi, février 2

 

Avec notre correspondant à Varsovie, Adrien Sarlat

Face à ces conditions météorologiques extrêmes, la municipalité de la capitale a installé des tentes de secours où les habitants les plus précaires peuvent se réchauffer quelques instants autour d’une boisson chaude. Dans l’une de ces tentes, le visage enfoui dans sa capuche, Kinga verse deux sachets de sucre dans le café qu’une bénévole vient de lui tendre. Sans domicile fixe depuis cinq ans, elle évoque les effets du froid : « Le froid a fait tomber mes faux ongles, vous y croyez à ça ? Sur cette main, il ne m’en reste que deux. »

Elle est venue avec son amie Marta, qui lui loue une chambre pour la nuit à Varsovie. Dehors, les températures doivent avoisiner les -25°C. Marta souligne l’importance de ces haltes temporaires : « On peut être complètement congelé en dix minutes dehors. Donc c’est super que, sur le chemin entre l’église et la maison, on puisse s’arrêter dans ce genre d’endroit. »

Sous la tente en plastique orange, tous n’ont pas cette chance. Recroquevillé près d’un tuyau diffusant de l’air chaud, Armand sait qu’il lui reste moins de 30 minutes de répit avant la fermeture du dispositif à 18 heures. Sans-abri depuis 17 ans, il affirme n’avoir jamais connu un froid aussi intense.

Les autorités ont annoncé que toutes les gares du pays resteraient ouvertes jusqu’au matin. Armand, lui, compte sur une autre solution pour passer la nuit : « J’ai entendu parler de ces bus spéciaux qui roulent entre 22h et 6h du matin. Je vais monter dedans pour me réchauffer. Il y a des boissons chaudes, tout le monde peut monter gratuitement. Et on pourra peut-être faire une sieste, assis bien sûr. »

Selon les autorités, au moins 37 personnes sont mortes de froid en Pologne au cours des trois derniers mois.

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