À la terrasse d’un café qui jouxte l’école, Serghy patiente, la mine grave, en attendant que sa fille Olena sorte de classe. Au micro de notre correspondant à Kiev, Lucas Lazo, il décrit un quotidien angoissant, rythmé par les alertes aériennes. « Le matin, on se réveille, on prépare les enfants et s’il n’y a pas d’alerte aérienne, nous essayons de nous frayer un chemin jusqu’à l’école. À cause des alertes, les transports et le métro ne fonctionnent pas, c’est le chaos sur les routes », raconte-t-il.
Un casse-tête pour les parents
Pour des parents épuisés et inquiets pour leurs enfants, chaque journée devient un casse-tête d’organisation. Ils peuvent néanmoins compter sur le soutien des professeurs, à l’image de Lioubov, entièrement dédiée à ses élèves. « Si un enfant ne vient pas à l’école, nous devons savoir s’il est avec ses parents. Pareil pour un enfant qui est en retard. On échange constamment des messages : « On viendra après l’alerte », « On sera là dans dix minutes », « On arrive », « On est devant l’école ». Voilà comment nous travaillons : avec les parents, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 », explique-t-elle. Reconnaissant, Serghy hoche la tête et enchaîne les cigarettes. « Plus personne n’a de véritable emploi du temps », résume-t-il.
Pour tenter de fluidifier les déplacements, la municipalité de Kiev vient d’instaurer des alertes différenciées selon la gravité de la menace. Mais, pour Serghy, les journées restent suspendues aux sirènes. « Après les cours, on essaie tant bien que mal de rentrer chez nous. Et puis une fois à la maison, nous allons nous coucher dans le couloir. Du couloir au couloir : voilà comment se déroule notre journée », confie-t-il. À l’école comme à la maison, le couloir est ainsi devenu leur refuge contre les frappes russes.
Kiev se dit prêt à une désescalade
Dans ce contexte, Volodymyr Zelensky a affirmé lundi que l’Ukraine était prête à réduire les tensions si Moscou faisait de même. « Si nos partenaires américains parviennent à obtenir de la Russie une réelle volonté de mettre fin à cette guerre qui détruit des vies, et de le faire sincèrement et durablement, l’Ukraine prendra ses propres mesures de désescalade », a-t-il déclaré dans son allocution quotidienne.
Le président ukrainien a également indiqué que les États-Unis avaient présenté « une proposition ferme concernant un arrêt mutuel des frappes contre les infrastructures critiques ». « Et si cela peut constituer la première étape vers une désescalade […] alors l’Ukraine est prête à soutenir cette désescalade », a-t-il ajouté.
Donald Trump avait assuré que Kiev avait accepté de ne plus attaquer les cibles énergétiques russes et que Moscou avait accepté de faire de même. Le Kremlin n’a pas réagi dans l’immédiat à ces affirmations.
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