- Les cours du pétrole brut se sont envolés ce lundi, tandis que le conflit perdure au Moyen-Orient, paralysant le détroit très stratégique d’Ormuz.
- Le G7 ouvre la voie à l’utilisation de réserves stratégiques d’or noir, ce qui a freiné l’emballement des cours.
- De nombreux pays, principalement en Asie et en Europe, ont par ailleurs annoncé des mesures nationales parfois fortes pour tenter d’enrayer la flambée des prix.
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Tandis que le Moyen-Orient s’enfonce toujours dans le conflit, les répercussions économiques se multiplient à travers le monde. La guerre a nourri ce lundi une flambée des prix pétroliers (nouvelle fenêtre), qui a inquiété de nombreuses capitales. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite 20% des hydrocarbures mondiaux (nouvelle fenêtre), est toujours paralysé après dix jours de bombardements. Plusieurs pays à travers la planète ont annoncé des mesures pour tenter de contenir cette hausse pour leurs habitants.
Les cours du pétrole brut qui ont grimpé lundi à un plus haut depuis 2022 à presque 120 dollars le baril, et ont ralenti leur hausse après que les ministres des Finances du G7 ont discuté d’une possible utilisation des réserves stratégiques de pétrole (nouvelle fenêtre). Tandis que la France annonce des contrôles renforcés sur les prix pratiqués en stations-service (nouvelle fenêtre), plusieurs gouvernements ont par ailleurs indiqué agir à l’échelle de leur pays, de l’Asie de l’Est à l’Europe. Certains jouent sur les ressources et les approvisionnements, d’autres sur le prix à la pompe directement.
Des réserves bientôt sollicitées ?
Sous présidence française, le G7 Finances s’est dit prêt lundi « à prendre toutes les mesures nécessaires y compris en puisant dans les réserves stratégiques de pétrole de manière à stabiliser le marché »
, a déclaré le ministre français de l’Économie Roland Lescure. « On n’en est pas encore là »
, a-t-il toutefois tempéré. De son côté, la Commission européenne a souligné qu’il n’y avait pas de risque de «
pénurie imminente d’approvisionnement
(nouvelle fenêtre) en pétrole en Europe »
.
Au sein de ce groupe, le Japon a lui indiqué qu’il envisagerait de puiser dans ses réserves nationales de pétrole, comme le réclament les raffineurs de l’archipel, selon l’agence Kyodo. Cinquième plus gros importateur de brut, le pays affirme disposer de stocks équivalents à 254 jours de consommation de pétrole brut.
Un contrôle accru sur les importations et les exportations
Certains tentent aussi de jouer sur les approvisionnements. Taïwan projette par exemple d’organiser « environ 22 cargaisons de GNL »
sur mars et avril « et vingt ont déjà été sécurisées »
, a indiqué son ministre des Affaires économiques. La Corée du Sud a elle assuré vendredi avoir obtenu « la livraison d’urgence »
de quatre millions de barils de brut via des ports des Émirats arabes unis ne nécessitant pas de passer par le détroit d’Ormuz (nouvelle fenêtre).
D’autres capitales sont quant à elles prêtes à agir pour ne pas laisser les stocks partir vers l’étranger. Selon l’agence Bloomberg, la Chine a demandé à ses principaux raffineurs de suspendre leurs exportations de diesel et d’essence. La Thaïlande, qui a déclaré la semaine dernière avoir sécurisé des approvisionnements pétroliers pour deux mois, a elle suspendu ses exportations énergétiques pour préserver ses réserves. La Serbie a également annoncé une interdiction des exportations de pétrole et de carburants pour les dix prochains jours.
Certains pays misent de leur côté sur une levée des barrières tarifaires. Le gouvernement vietnamien a ainsi indiqué avoir préparé un décret réduisant à zéro, jusqu’à fin avril, la taxe douanière sur l’importation de carburants, afin de « stabiliser le marché intérieur et de garantir la sécurité énergétique »
.
Des prix plafonnés dans plusieurs pays
Plusieurs capitales ont de leur côté cherché à s’attaquer directement aux prix. C’est le cas de la Croatie, qui appliquera un plafonnement sur les tarifs de l’essence et du diesel (nouvelle fenêtre) à partir de mardi. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a annoncé faire de même à partir de minuit heure locale, ajoutant aussi avoir décidé de libérer des réserves de l’État pour garantir l’approvisionnement.
La Corée du Sud, qui importe environ 70% de son pétrole du Moyen-Orient, a également annoncé lundi « un système de plafonnement des prix des produits pétroliers »
. La Thaïlande a sauté le pas également, annonçant plafonner le prix du diesel, pour 15 jours.
Rationnement et mesures pour dissuader les déplacements
Pour limiter la consommation de carburants, certains pays asiatiques ont décidé de serrer la vis. Depuis samedi, le gouvernement militaire birman applique ainsi des mesures de rationnement, imposant à la moitié des véhicules privés de rester immobilisés chaque jour. Le Bangladesh, qui importe 95% de ses besoins en pétrole et en gaz, a également commencé dimanche à suivre cette voie, causant d’importants embouteillages devant les stations-service et de premiers incidents violents. Ils ont contraint le gouvernement à y ordonner le déploiement de toutes les forces de l’ordre disponibles.
D’autres misent aussi sur des mesures radicales pour limiter les déplacements. Aux Philippines, les services gouvernementaux ont adopté à partir de lundi la semaine de travail de quatre jours, tandis que du côté du Pakistan, les administrations doivent passer à une semaine de quatre jours, hormis les banques, et les vacances scolaires ont été prolongées.




