jeudi, juin 18

  • Une vingtaine de personnels de l’éducation et des élèves du collège Henri-Guillaumet à Mourmelon-le-Grand (Marne) ont saisi la justice cette semaine.
  • Les adultes ont porté plainte après que des données personnelles ont été diffusées sur les réseaux sociaux.
  • Des collégiennes ont aussi découvert des photos d’elles dénudées.

« Une bêtise de gamins ou une mauvaise intention. Pour l’instant, on ne sait pas mais les dégâts sont là », commente auprès de TF1info une source proche du dossier. Depuis le début de la semaine, l’ambiance est quelque peu particulière au collège Henri-Guillaumet de Mourmelon-le-Grand dans la Marne. 

C’est dans cet établissement que plusieurs élèves ont été, depuis quelques jours selon leurs témoignages, la cible de « deepfakes » sur les réseaux sociaux tandis que des encadrants, notamment des enseignants, ont vu une partie de leur vie privée révélée en ligne, notamment sur la plateforme Discord. « Des photomontages ont été réalisés à l’intelligence artificielle montrant des collégiennes dénudées de cet établissement et d’autres clichés osés. Des éléments de vie privée de personnels de l’Éducation nationale, dont de professeurs, ont été divulgués », ajoute la source se référant aux déclarations des plaignants mineurs et majeurs.

« Des vérifications sont en cours »

Jointe ce jeudi par TF1info, Annick Browne, procureure de la République de Châlons-en-Champagne, confirme que des vérifications sont en cours, comme l’a révélé le journal local L’Union (nouvelle fenêtre). « Mon parquet a été saisi en début de semaine pour ces faits et une enquête a été ouverte », indique-t-elle à notre rédaction. 

« Sept élèves ont à ce jour porté plainte suite à ces deepfakes. Par ailleurs, une dizaine de plaintes ont été déposées par des personnels de l’Éducation nationale, notamment pour des faits de révélations, diffusion ou transmission, d’informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle permettant de les identifier ou de les localiser aux fins de les exposer ou d’exposer les membres de leur famille à un risque direct d’atteinte à la personne ou aux biens »; ajoute la magistrate qui rappelle que « les faits signalés doivent encore être caractérisés et vérifiés ». 

Ces faits, s’ils sont avérés, sont sévèrement punis. Depuis la loi du 21 mai 2024 qui porte sur la régulation de l’espace numérique et qui comprend des mesures visant à sécuriser certains usages d’Internet et à protéger en ligne les citoyens et les entreprises, des sanctions sont appliquées. « Les auteurs de ce type d’infraction encourent une peine d’amende pouvant aller jusqu’à 100.000 euros et jusqu’à 5 ans d’emprisonnement », souligne Annick Brown.

Le ou les auteurs des faits n’ont pas été identifiés pour l’heure. Les investigations ont été confiées à la brigade de recherche de Mourmelon-le-Grand.

Aurélie SARROT

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