C’était censé être le débat pour convaincre, mais ça a tout de suite tourné au règlement de comptes, écrit notre correspondant à Lima, Martin Chabal. Keiko Fujimori, fille de l’ancien président autocrate Alberto Fujimori (1990-2000) et candidate de la droite autoritaire a tout de suite imputé l’instabilité politique à la gauche, incarnée par son adversaire Roberto Sanchez : « Soit nous voulons le chaos et le désordre, soit nous choisissons l’ordre et nous travaillons ensemble pour le futur de notre pays ». Mme Fujimori a promis de déployer l’armée en soutien à la police, de démanteler les réseaux d’extorsion ou encore d’expulser les étrangers délinquants en situation irrégulière.
« Récupérer la démocratie et la justice ! »
De son côté, Roberto Sanchez a accusé Keiko Fujimori d’être responsable des destitutions successives des chefs de l’État. Notamment en pointant le rôle de son parti qui a la majorité au Congrès : « Il faut en finir avec la dictature du Congrès que dirige Keiko Fujimori. C’est pour ça que je me présente, pour récupérer la démocratie et la justice ! ». M. Sanchez a également estimé que la lutte contre la criminalité passait par le rétablissement de la démocratie et le renforcement du système judiciaire. Il a ainsi proposé de réformer la police, ainsi que de créer une force spécialisée dans les enquêtes criminelles.
Encore 20% d’indécis à convaincre
Pendant deux heures, les deux candidats se sont renvoyés la balle sur qui était responsable de l’instabilité dans le pays et n’ont pas vraiment fait de proposition concrète. Pas sûr alors que cela soit suffisant pour convaincre les 20% d’électeurs encore indécis qui comptent voter blancs ou s’abstenir le 7 juin 2026. Arrivée en tête du premier tour avec 17,1% des voix, écrit l’AFP, Keiko Fujimori, 51 ans, brigue la présidence pour la quatrième fois. Roberto Sánchez, 57 ans, ancien ministre du Commerce de l’ex-président emprisonné Pedro Castillo, s’est qualifié pour le second tour avec 12% des suffrages. Le prochain président prendra ses fonctions le 28 juillet et succédera au président par intérim, José Maria Balcazar.
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