lundi, mars 30

  • Atmo France, qui fédère des associations de suivi de la qualité de l’air, a mis au point une carte interactive recensant les pesticides présents dans l’air, jusqu’au niveau local.
  • Si aucune valeur réglementaire n’a été fixée en la matière, cet outil vise à fournir des « repères » à la fois aux citoyens, mais aussi aux responsables politiques.
  • Cette carte montre d’ores et déjà que ces substances ont été détectées partout en France.

Le constat ne fait désormais plus de doute : « Des pesticides sont présents dans l’air sur l’ensemble du territoire ». Pour mieux documenter la diffusion de ces substances, Atmo France lance ce lundi une carte nationale et interactive recensant les pesticides que l’on respire au quotidien (nouvelle fenêtre), à la fois en métropole et dans l’outre-mer. Ce nouvel outil, baptisé « PhytAtmo Dataviz », doit permettre « de comprendre où, quand et dans quels contextes des pesticides sont mesurés dans l’air », détaille dans un communiqué l’organisation, qui fédère les associations de surveillance de la qualité de l’air. 

« La présence de pesticides dans l’air soulève de nombreuses questions environnementales et sanitaires. Même à de très faibles concentrations, ces substances peuvent contribuer à une exposition diffuse et répétée, alimentant les inquiétudes de la population quant à leurs effets potentiels sur la santé (nouvelle fenêtre)« , constate-t-elle. Face à cette situation, Atmo France a décidé de lancer un outil qui « rend accessible au plus grand nombre les données issues des mesures de pesticides respirés par la population ».  

Une carte pour « renforcer la vigilance collective »

Concrètement, cette carte interactive détaille le nombre de substances actives détectées sur un lieu choisi, mais aussi les évolutions des concentrations hebdomadaires sur place. L’objectif n’est pas d’offrir une « évaluation sanitaire », mais déjà des « repères pour éclairer les enjeux d’exposition, la prévention et la décision publique », tandis qu’aucune valeur réglementaire n’a été fixée à ce jour pour les pesticides dans l’air (nouvelle fenêtre)

Cette « datavisualisation » s’adresse ainsi à la fois aux citoyens sans expertise particulière, « grâce à une présentation pédagogique et transparente », mais aussi aux « décideurs publics » et « acteurs et responsables agricoles », pour une meilleure prise de conscience des niveaux d’exposition. « Notre objectif est de fournir une information partagée, objectivée et compréhensible pour nourrir le débat public, éclairer les décisions et renforcer la vigilance collective (nouvelle fenêtre)« , insiste Catherine Hervieu, présidente d’Atmo France et citée dans le communiqué. 

Des « jauges de positionnement » pour se repérer

« En raison du temps nécessaire pour les analyses et la consolidation des données, la publication des cartes se fait avec un an de décalage », prévient toutefois Atmo France. La première version de la carte intégrera des données 2022-2023, puis celles de 2026 seront ajoutées d’ici juin prochain, avant une mise à jour chaque année. 

PhytAtmo Dataviz propose ainsi des « jauges de positionnement », pour comparer les concentrations mesurées localement avec les valeurs minimales et maximales enregistrées sur l’année. Mais aussi avec les concentrations moyennes sur l’ensemble du pays, calculées sur 2022 et 2023 « à partir de sites dits de fond« 

Ces premières analyses permettent d’ores et déjà de dresser des constats inquiétants : des pesticides ont été repérés dans l’air partout à travers le territoire national (nouvelle fenêtre). « En 2023, parmi les 72 substances actives recherchées, environ un tiers est détecté et une sur huit est quantifiée, avec des niveaux variables selon les territoires et les périodes d’usage », détaille Atmo France. 

Des substances bien connues, comme le glyphosate issu du Roundup notamment, ont été repérées « à des niveaux très faibles ». Mais cette carte a aussi permis de détecter des « molécules interdites depuis plusieurs années,  encore présentes en raison de leur persistance environnementale, comme le lindane ». Ce pesticide a été interdit il y a plus de vingt ans, mais se retrouve encore aujourd’hui « dans 61% des prélèvements sur 2022-2023 »

M.L.

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