- Depuis le 16 juin, sept salariées d’un centre de radiologie du Morbihan viennent travailler alors que l’établissement est fermé aux patients.
- À l’origine de cette situation : le non-remplacement des deux radiologues du site, partis à la retraite.
- Regardez ce reportage du 13H de TF1.
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Le 13H
Chaque matin, le même rituel : l’inscription du décompte des jours sur une ardoise, puis une photo collective en tendant celle-ci vers l’objectif, pour immortaliser l’absurdité de la situation. Et sa durée. « Ça fait 101 jours aujourd’hui que nous sommes présentes ici. Se retrouver seules, c’est dur à supporter au quotidien »
, confie Christelle Le Blay, manipulatrice radio officiant de longue date dans le centre de radiologie de Ploërmel (Morbihan), interrogée par TF1 dans le reportage du 13H visible en tête de cet article. L’établissement n’accueille plus le moindre patient depuis le 16 juin et le départ à la retraite des deux radiologues du site, qui n’ont pas été remplacés. Pourtant, les salaires et les horaires des sept employées ont été maintenus.
« Notre bâtiment accueillait entre 100 et 120 patients par jour. Alors voir toutes ces salles de radio vides, c’est vraiment navrant »
, ajoute Christelle, tandis que Loïc, un ancien habitué des lieux venu en soutien, distribue les viennoiseries. « Il y a 80.000 personnes dans un rayon de 30 kilomètres qui ont besoin de cet outil-là »
, insiste-t-il. Un son de cloche que l’on entend partout dans le centre-ville de Ploërmel, où une dame révèle qu’elle doit désormais faire « une heure de trajet jusqu’à Pontivy »
, quand une retraitée clame carrément qu’elle « s’abstient de faire des examens »
en raison de cet éloignement.
Pour Patrice Juin, le délégué syndical qui accompagne ces salariées, il est plus que temps que cela cesse : « Elles sont payées tous les jours et il n’y a pas d’activité. On n’a pas d’explication à ce sujet. Pourquoi sont-elles payées sans rien faire ? Elles n’ont qu’une envie, c’est de remettre la blouse. »
De son côté, la direction nous assure que le cabinet devrait rouvrir. « Aujourd’hui, le circuit juridique est bien engagé. Les accords ont été signés. On continue nos démarches. Mais je n’ai pas de date à l’heure d’aujourd’hui »
, lâche Stéphanie Fourcart, directrice régionale des opérations d’Anodea, le groupe auquel appartient l’établissement. Une certitude : la reprise de l’activité passera par le recrutement d’au moins un nouveau radiologue.












