
Parler des crues spectaculaires de l’hiver, et notamment des images de La Réole (Gironde), où Marie NDiaye a vécu avant de s’installer à Paris il y a trois ans, n’est pas un bavardage préliminaire, sans rapport avec la conversation sur le « Quarto » consacré à l’écrivaine. Parmi les « œuvres choisies » de ce volume figure Autoportrait en vert (Mercure de France, 2005), qui s’ouvre sur la surveillance du fleuve : « Décembre 2003 – C’est le soir et le niveau de la Garonne monte heure après heure dans l’obscurité. »
Eaux secrètes est le titre de cette anthologie qui commence par la pièce de théâtre Hilda (Minuit, 1999) et qui se ferme avec La Cheffe, roman d’une cuisinière (Gallimard, 2016). Plus de quarante années de publications ne tenant pas dans un volume (Quant au riche avenir a paru en 1985, chez Minuit, quand Marie NDiaye avait 18 ans), il a fallu faire des choix. Les huit premiers livres ont été exclus sans difficulté – « C’est comme montrer des images de vous adolescente… Ça a quelque chose d’embarrassant, même si, sans eux, le reste ne serait pas advenu », dit-elle. Marie NDiaye ne s’est pas relue (« Quelle horreur ! ») pour établir ce volume, dont elle parle aimablement tout en rappelant à intervalles réguliers son peu de goût pour l’autocommentaire. « Ce n’est pas à moi de faire l’exégèse de ce que j’ai écrit », ajoute-t-elle avec une douceur ferme quand on l’interroge sur son rapport à la notion d’œuvre.
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