- Un foyer d’hantavirus à l’origine de trois décès a été détecté à bord d’un navire de croisière qui effectuait une traversée entre l’Argentine et le Cap-Vert.
- Plusieurs cas sont recensés dans le monde, mais ne traduisent pas d’épidémie pour l’heure, comme l’a rappelé mercredi matin la ministre de la Santé, Stéphanie Rist.
- Voici à partir de quand il faut parler d’épidémie pour désigner la propagation d’une maladie.
Suivez la couverture complète
Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète
Les autorités sanitaires cherchent à rassurer après le décès de trois personnes infectées par l’hantavirus et la confirmation de onze cas diagnostiqués à travers le monde. Faut-il malgré tout s’inquiéter de la situation sanitaire ? Et surtout, la circulation actuelle de ce virus, venu d’Amérique du Sud et connu des scientifiques, s’apparente-t-elle à une épidémie ?
Des autorités sanitaires rassurantes
À ce sujet, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est catégorique. « Ce n’est pas le début d’une épidémie »
, a martelé (nouvelle fenêtre) la directrice du département prévention et préparation aux épidémies et pandémies jeudi 7 mai à Genève, selon qui « il ne s’agit pas d’un virus qui se propage comme la grippe ou le Covid-19 ».
Pour le gouvernement français, il n’y a pas lieu non plus de s’inquiéter outre mesure. « Il n’y a pas d’épidémie d’hantavirus dans le monde aujourd’hui et un seul cas dans notre pays. Ce virus, tel qu’identifié, est beaucoup moins contagieux que le Covid-19 »
, a tenu à rappeler Matignon, mercredi 13 mai, à l’instar de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, auditionnée par les députés. Dans cette volonté de rassurer la population, le gouvernement français a précisé que « le stock stratégique de l’État (était) suffisant pour protéger le pays pendant minimum trois mois en cas de vague épidémique »
et qu’il était « d’ailleurs supérieur à la cible actée en sortie de Covid-19 ».
Mais à partir de quand convient-il de parler d’épidémie ? Quels seuils de propagation sont alors retenus ? Attardons-nous d’abord sur l’étymologie de ce terme pour comprendre son sens. Comme l’a décrypté le Pr Antoine Flahault dans une vidéo (nouvelle fenêtre) pour l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), « le mot épidémie vient du grec, c’est le mot épi qui évoque quelque chose de brutal et démio, ce qui est la population. C’est un phénomène brutal survenant dans la population
« .
Pour l’épidémiologiste, le terme a d’abord été utilisé pour désigner « les phénomènes brutaux de nature infectieuse
« , tels que les épidémies de peste ou de choléra. Désormais, la définition s’est assouplie : « Le seuil épidémique est défini lorsque vous contaminez plus d’une personne »
, en moyenne, dans une population donnée.
Une hausse rapide dans une région
Selon la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFCR), confrontée à de nombreuses épidémies sur le terrain, le terme renvoie (nouvelle fenêtre) avant tout à « une augmentation inattendue, souvent soudaine, d’une maladie spécifique dans une communauté ou une région ».
Même constat (nouvelle fenêtre) pour l’ONG Médecins sans Frontières (MSF) qui prévient qu’une épidémie « a lieu lorsqu’une maladie, comme la méningite, la poliomyélite, la rougeole, la fièvre jaune, la diphtérie, le choléra ou le paludisme, par exemple, se développe et se propage rapidement auprès d’une population ».
Ces critères géographiques et temporels sont également retenus par l’Assurance maladie, qui détaille (nouvelle fenêtre) les trois stades de propagation d’une infection, de l’endémie à la pandémie. « Une infection qui reste localisée géographiquement et sur une courte période de temps est définie comme une épidémie. C’est le cas par exemple de l’épidémie de grippe saisonnière en France métropolitaine qui apparaît uniquement pendant la période hivernale »
, précise le site d’Ameli.
À la différence donc d’une endémie qui « reste localisée géographiquement mais qui est présente de façon permanente »
et d’une pandémie, qui s’étend rapidement à l’échelle de la planète.




