
Christelle, 40 ans, travaille dans le secteur éducatif ; Laurie, 22 ans, est étudiante en sciences ; Elise, 44 ans, est assistante commerciale ; Mathieu, 47 ans, est directeur commercial ; Nicolas, 41 ans, est consultant dans l’ingénierie ; Saul, 20 ans, est en BTS… Ils ont en commun d’avoir consommé de la cocaïne en 2025, comme 450 000 Français de plus de 18 ans, selon le chiffre avancé par la ministre de la santé, Stéphanie Rist, devant les parlementaires, mercredi 17 décembre 2025.
De manière occasionnelle disent certains, régulière voire quotidienne pour les autres, ils incarnent une forme de « banalisation » de cet usage illicite, selon la formule consacrée. Parce qu’ils travaillent, sont insérés, parents pour certains, ils se savent éloignés du stéréotype du toxicomane. Une partie de ceux qui ont accepté de témoigner auprès du Monde n’hésitent pourtant pas à se qualifier comme tels. Tous ont souhaité rester anonymes, par crainte des conséquences sur leur vie sociale, familiale ou professionnelle, et portent donc un prénom d’emprunt.
Les consommateurs se sont retrouvés, ces dernières semaines, au centre de l’attention politique, mis en cause dans l’essor des narcotrafics et des violences qui en découlent. « C’est parfois les bourgeois des centres-villes qui financent les trafiquants », affirmait ainsi le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, selon des propos rapportés par la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, quelques jours après l’assassinat à Marseille, le 13 novembre, de Mehdi Kessaci, le frère d’un militant antidrogues. Au ministère de l’intérieur comme à la justice, on épingle des consommateurs qui ont « du sang sur les mains » ; cette « demande » qui vient nourrir l’« offre ».
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