lundi, février 2
Un ouvrier devant le chantier du village olympique de Paris 2024, qui se situe à cheval sur trois communes : Saint-Ouen-sur-Seine, L’Ile-Saint-Denis et Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Ici à Saint-Ouen, le 27 février 2024.

Une nébuleuse de sociétés, des « gérants de paille », des travailleurs non déclarés et sans-papiers, un donneur d’ordre qui dit n’avoir rien vu et, pour décor, la construction d’un village olympique où des athlètes du monde entier se sont retrouvés à l’été 2024 pour l’une des plus grandes compétitions sportives internationales.

Les Jeux olympiques (JO) de Paris ne sont plus qu’un souvenir, mais lundi 2 février, devant le tribunal de Bobigny, un procès s’ouvre, qui doit durer jusqu’au 20 février, et au cours duquel 21 personnes et trois sociétés seront jugées, notamment pour avoir exécuté du travail dissimulé, employé des étrangers sans titre en bande organisée, ou avoir eu recours à des entreprises qui s’en chargeaient.

C’est le cas de GCC, l’une des « dix premières entreprises du secteur BTP », ainsi qu’elle le revendique sur son site Internet. Le groupe s’était vu attribuer la construction de six bâtiments dans le village olympique. La justice lui reproche d’avoir manqué à son obligation de vigilance, en ayant sous-traité des marchés de travaux pour plusieurs millions d’euros à des entreprises qui « dissimulaient une part très conséquente de leurs salariés », pour beaucoup dépourvus de titres de séjour. Comparaîtront notamment devant le tribunal, outre la personne morale de GCC, un directeur d’agence, un directeur de travaux et un chef de chantier du groupe. Sollicité dans le cadre d’un précédent article sur le sujet, en décembre 2022, GCC avait écrit au Monde que la situation s’était « réalisée à [son] insu ».

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