dimanche, février 1
Des ambulances à l’extérieur d’un hôpital de Quetta, au Pakistan, le 31 janvier 2026.

Plus d’une centaine de personnes, dont 92 assaillants, 18 civils et 15 membres des forces de sécurité, ont trouvé la mort, samedi 31 janvier, dans le sud-ouest du Pakistan lors d’une série d’attaques revendiquées par les séparatistes de la province du Baloutchistan, selon l’armée qui n’a pas donné de détails sur les circonstances de la mort des civils.

Le Pakistan fait face depuis des décennies à une insurrection séparatiste au Baloutchistan. Les attaques sont fréquentes contre les forces de sécurité, les ressortissants étrangers et les Pakistanais venus d’autres régions du pays dans cette province riche en minerais mais pauvre, frontalière de l’Afghanistan et de l’Iran.

Le service de presse de l’armée (ISPR) a affirmé, dans un communiqué, que des attaques avaient eu lieu à plusieurs endroits, notamment à Quetta, la capitale provinciale, et à Gwadar. Un haut responsable militaire à Islamabad a déclaré que les attaques étaient « coordonnées mais mal exécutées », ajoutant qu’elles avaient « échoué en raison d’une mauvaise planification et d’un effondrement rapide face à une réponse sécuritaire efficace ».

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Les assauts lancés samedi interviennent au lendemain d’affirmations de l’armée pakistanaise selon lesquelles elle a tué des dizaines de rebelles séparatistes au Baloutchistan. Le premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a apporté son soutien aux forces armées « dans leur lutte déterminée pour défendre le pays », et accusé l’Inde de soutenir les séparatistes.

« Les terroristes (…) ont lancé des attaques coordonnées ce matin dans plus de 12 endroits », a déclaré à l’AFP un haut responsable sécuritaire en faisant référence aux séparatistes.

L’Armée de libération du Baloutchistan, principal mouvement séparatiste de la province, a revendiqué ces attaques dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse (AFP). Elle a affirmé avoir visé des installations militaires et policières, mais aussi avoir bloqué des autoroutes pour ralentir la réponse de l’armée. Plusieurs femmes ont pris part aux attaques, selon le mouvement.

Minerais et hydrocarbures

A Quetta, un journaliste de l’AFP a entendu plusieurs explosions. Un important dispositif de sécurité a été déployé dans la ville. Les rues étaient désertes et les commerces ont fermé. Les liaisons ferroviaires ont été suspendues dans les zones visées et les services de téléphonie mobile ainsi que le trafic routier sont perturbés.

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Dans le district de Mastung, des séparatistes ont libéré 30 prisonniers, attaqué un commissariat et se sont emparés d’armes et de munitions, selon un responsable gouvernemental. Un responsable local a aussi été enlevé dans le district de Nushki, selon une source officielle de cette ville.

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Le Baloutchistan a notamment été le théâtre d’une spectaculaire prise d’otages par des séparatistes dans un train en mars, qui s’était soldée par des dizaines de morts.

Depuis des décennies, les Baloutches se disent lésés dans leur province : officiellement, 70 % des habitants y sont pauvres alors que le sous-sol regorge de minerais et d’hydrocarbures, exploités notamment par des entreprises chinoises.

L’année 2024 avait été particulièrement meurtrière avec plus de 1 600 morts, pour près de la moitié des soldats et policiers, selon le Centre pour la recherche et les études sur la sécurité d’Islamabad.

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Le Monde avec AFP

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