mercredi, janvier 21

En Ouganda, Muhoozi Kainerugaba aura patienté quelques heures seulement après l’annonce de la victoire de son père Yoweri Museveni pour réapparaître sur les réseaux sociaux. Le général Muhoozi, après des mois d’un étonnant silence, s’en prenait dès samedi soir à Bobi Wine, tout juste déclaré perdant de la présidentielle par la Commission électorale avec 24,72 % des voix contre 71,65 % pour Museveni.

Mais c’est surtout la série de tweets publiée lundi 19 janvier par le chef d’état-major qui est particulièrement virulente. Le général qualifie les membres de la National Unity Platform (NUP), le parti de l’opposant, de « terroristes ». Il se « félicite d’en avoir tué 22 », ajoutant : « Je prie pour que Kabobi (surnom qu’il donne à Bobi Wine – NDLR) soit le 23e cas ».

Dans sa série de messages, le général prend également des allures mystiques en se présentant comme un prophète de « Dieu tout-puissant » et promettant de « débarrasser son pays de la NUP comme dans un mauvais rêve ». Des propos d’autant plus embarrassants à Kampala que beaucoup voient en lui un possible dauphin de l’actuel chef de l’État.

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Bobi Wine renonce à contester sa défaite

De son côté, Bobi Wine a annoncé qu’il ne porterait pas l’affaire devant les tribunaux. Dans une interview accordée à la BBC le mardi 20 janvier, il a déclaré ne pas avoir « confiance » dans le système judiciaire ougandais.

Dès la publication des résultats, l’opposant avait dénoncé des « résultats truqués » et évoqué des menaces de mort à son encontre. Il avait également appelé les militaires déployés devant son domicile depuis jeudi soir à se retirer, estimant que « le système judiciaire ougandais est sous contrôle » et qu’un recours serait donc vain. En 2021 déjà, Bobi Wine avait déposé une plainte électorale avant de la retirer, dénonçant alors le manque d’impartialité de la cour.

Malgré tout, l’opposant continue d’appeler ses partisans à une mobilisation et à une résistance « pacifiques ». Il encourage des manifestations, même si ses précédents appels ont rencontré peu d’écho. Les arrestations se poursuivent néanmoins parmi ses soutiens : selon la presse locale, une centaine de partisans ont encore été placés en détention provisoire pour des incidents liés au scrutin, rapporte le Daily Monitor.

Bobi Wine affirme par ailleurs être toujours caché, après avoir quitté son domicile vendredi 16 janvier pour échapper, selon lui, à une opération des forces de l’ordre. La police assure ne pas avoir envisagé de l’attaquer, mais l’accès à sa résidence reste bloqué, officiellement pour des « raisons de sécurité ».

S’agissant des accusations de fraude, les autorités n’ont pas répondu à ces accusations, mais la Commission ougandaise des droits de l’homme (UHRC) a indiqué que les difficultés « techniques et procédurales » observées le jour du scrutin n’avaient pas compromis l’équité globale du vote.

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