mardi, janvier 27

  • Le porte-avions français, accompagné de son groupe aéronaval, a appareillé mardi de Toulon pour un exercice multinational dans l’Atlantique.
  • La zone stratégique du Nord cristallise les tensions : elle concentre l’activité des sous-marins russes et se trouve au cœur des velléités de Donald Trump sur le Groenland.
  • Paris cherche également à multiplier les opérations militaires avec le Danemark, après avoir déjà envoyé plusieurs bâtiments militaires dans la région ces dernières semaines.

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Menace d’annexion du Groenland : tension maximale entre les Etats-Unis et l’Europe

Le porte-avions Charles de Gaulle a quitté Toulon ce mardi pour participer à Orion 26, un exercice militaire multinational prévu de longue date et qui réunira forces françaises et alliées « au cours des prochaines semaines », détaille le ministère des Armées. Si Paris reste volontairement évasif sur le périmètre exact de la mission, plusieurs sources ont confirmé à nos confrères de l’Agence France-Presse qu’il s’agit bien de l’Atlantique Nord, une zone devenue particulièrement sensible ces dernières semaines.

Zone sous tension

Le groupe aéronaval envoyé dans la région par la France ne se limite pas au seul porte-avions : il comprend également ses chasseurs embarqués, une frégate de défense aérienne, un ravitailleur et un sous-marin d’attaque. Dans cette zone manœuvrent régulièrement les nombreux sous-marins russes de la flotte du Nord et de la flotte de la Baltique. Mais ce périmètre est aussi devenu diplomatiquement sensible avec les tentatives répétées et menaçantes de l’administration américaine d’acquérir le Groenland (nouvelle fenêtre), dépendant du Danemark. Washington justifie ses prétentions en arguant que Copenhague et ses alliés européens ne font rien pour protéger ce territoire stratégique face aux ambitions russes et chinoises. Une accusation que les Européens rejettent fermement.

Démonstration de force

L’exercice Orion 26 de son nom officiel, auquel participe le Charles de Gaulle, mobilise des moyens considérables : 12.500 militaires français, 25 navires, 140 appareils aériens et 1.200 drones ainsi que des forces de 24 pays alliés, qui devraient prochainement se rendre dans la région. Prévu jusqu’à fin avril, il vise à tester la capacité des armées européennes à mener des opérations de haute intensité, de la conflictualité hybride aux engagements militaires plus conventionnels (nouvelle fenêtre). Côté Hôtel de Brienne, on souligne que la zone atlantique constitue désormais « un espace de manœuvre stratégique pour la défense des intérêts européens ».

Alors face aux provocations de Washington, plusieurs pays européens ont exprimé leur solidarité avec le Danemark. La France a notamment annoncé l’envoi de militaires pour participer à des exercices au Groenland et multiplié les déploiements navals dans la région. Il y a quelques semaines, la frégate Amiral Ronarc’h a ainsi fait escale à Copenhague, tout comme la frégate multimissions Bretagne en Islande, tandis que le ravitailleur Jacques Stosskopf croisait au large des côtes écossaises. Des zones que l’administration Trump considère comme relevant de sa sphère d’influence.

Aymen Amiri avec AFP

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