mercredi, février 4

En quelques heures, l’Iran a mené ce mardi 3 février deux opérations contre la marine américaine dans le golfe Persique. Et ce, alors que des pourparlers tentaient d’être instaurés entre Washington et Téhéran, qui alternent menaces et ouvertures au dialogue depuis le vaste mouvement de contestation populaire réprimé dans le sang par le régime des mollahs.

Derrière ces opérations iraniennes, un but probable: tester les capacités défensives américaines en cas d’actions des Gardiens de la révolution, le bras armé du régime iranien.

Un drone de surveillance iranien, non-armé, Shahed-129 a d’abord pris la direction du porte-avions américain Abraham Lincoln et de son groupe aéronaval. Ce navire avait récemment été déployé dans le Golfe par le président Donald Trump, décidé à accentuer la pression sur l’Iran.

Selon l’agence de presse Tasnim, affiliée aux Gardiens de la révolution, le drone menait une mission « de routine et légale » afin d’identifier, de surveiller et de filmer les mouvements américains, relève l’Institut pour l’étude de la guerre.

« Tester la puissance, le déploiement et les réactions d’une force adverse »

La portée du Shahed-129 est de 300 kilomètres, or, le porte-avions naviguait en mer d’Arabie, à 800 kilomètres des côtes iraniennes, d’après l’US Navy. Il était donc impossible que le drone s’approche du navire. Mais la marine américaine a tout de même décidé de réagir. Un avion de combat, un F35, a décollé du porte-avions Abraham Lincoln pour neutraliser l’aéronef. Le drone a été abattu « en état de légitime défense et pour protéger le porte-avions et le personnel à bord », a expliqué le porte-parole du commandement américain pour la région (Centcom), le capitaine Tim Hawkins.

« Une action de reconnaissance vise à tester la puissance, le déploiement et les réactions d’une force adverse », souligne l’Institut pour l’étude de la guerre. Cette opération a permis aux Iraniens de constater le temps de réaction des Américains en cas d’attaque de drones contre le porte-avions.

Réactions instantanées

De même pour le deuxième épisode survenu trois heures plus tard dans les eaux du Moyen-Orient. Deux vedettes rapides iraniennes et un drone ont tenté de bloquer un pétrolier sous pavillon américain, le Stena Imperative. Ce pétrolier n’est pas un navire lambda: il sert régulièrement de ravitailleur pour les bâtiments de l’US Navy. Chrono enclenché par les Iraniens: en quelques minutes, un destroyer américain surarmé, l’USS McFaul, est venu porter assistance au Stena Imperative, avec le soutien de l’armée de l’air, et l’a escorté hors de danger.

« L’Iran a probablement ciblé ce navire en particulier afin de provoquer une réaction de l’US Navy et d’évaluer sa réaction face à une provocation similaire à l’avenir », prévient l’Institut de la guerre.

L’agence de presse iranienne Fars, proche du régime, avait auparavant indiqué qu’un navire, entré « illégalement » dans le détroit d’Ormuz et « dans les eaux territoriales iraniennes », avait été « averti » et avait « immédiatement quitté la zone.

Outre sa volonté de démontrer sa capacité à provoquer la marine américaine, Téhéran voit s’éloigner la possibilité de mener de telles opérations: bloquer le détroit d’Ormuz ou attaquer le porte-avions. À moins de déclencher un effet de saturation, en mobilisant énormément de moyens, rendant plus difficile les interceptions américaines.

Après la guerre des douze jours menée par Israël contre l’Iran, et les frappes américaines sur le territoire iranien, il est difficile de recenser clairement les capacités militaires de la République islamique.

Article original publié sur BFMTV.com

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