- Le sommet international, qui débute officiellement ce lundi, vise à faire le lien entre la santé et l’environnement.
- Chefs d’États et de gouvernement, ONG, scientifiques ou représentants de la société civile doivent s’y rencontrer durant deux jours.
- On vous présente ce « One Health Summit » qui se déroule à Lyon.
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Notre planète
« Penser ensemble la préservation de la santé et la protection de la nature ».
C’est le mot d’ordre du président Emmanuel Macron, alors que se tient à Lyon le sommet « One Health ». Ce rendez-vous international organisé par la France lundi 6 et mardi 7 avril (nouvelle fenêtre) est tourné autour de sujets communs aux santés humaine, animale, végétale et environnementale.
« La pandémie de Covid nous l’a enseigné : notre santé dépend de la protection du vivant »
, a lancé Emmanuel Macron dans un communiqué pour présenter le sommet dans la capitale des Gaules. Le rendez-vous culminera mardi avec les discussions entre chefs d’État et de gouvernement devant permettre « l’annonce d’engagements internationaux qui viseront à prévenir les risques sanitaires, alimentaires et environnementaux auxquels sont confrontées les populations du monde entier ».
Quatre grandes thématiques seront abordées : les réservoirs zoonotiques et vecteurs, les expositions aux pollutions, les systèmes alimentaires durables et les résistances antimicrobiennes.
La multiplication des zoonoses
Si elles ont émergé sur la Terre il y a des milliers d’années, les zoonoses, maladies infectieuses transmises des animaux aux humains, se sont multipliées ces dernières décennies. Dengue, paludisme, chikungunya… avec le changement climatique, ces infections se répandent sur des territoires de plus en plus vastes.
Depuis les années 40, environ 75% des maladies infectieuses émergentes touchant les humains proviennent ainsi d’animaux. Mais les humains peuvent également transmettre des maladies aux animaux. Un problème d’autant plus important à gérer que la hausse de la population et la mondialisation facilitent la circulation des agents pathogènes, tandis que la déforestation et l’urbanisation favorisent le contact entre les animaux et les humains, facilitant la transmission de maladies.
Sur une planète qui se réchauffe, la zone d’habitat et la période d’activité d’animaux vecteurs de maladies infectieuses, comme les moustiques ou les tiques, s’élargissent aussi. Résultat : des régions du monde habituellement tempérées et jusqu’ici épargnées, comme la partie nord de l’Europe, deviennent vulnérables à des pathologies comme le paludisme ou la dengue.
Des événements climatiques extrêmes – inondations, sécheresses, etc. – créent également les conditions d’épidémies nouvelles, alors que certaines maladies comme la grippe aviaire ne connaissent plus de frontières et peuvent affecter autant les animaux que l’être humain. Face à ces problématiques, le « One Health Summit » vise à « croiser les approches – scientifiques, institutionnelles, opérationnelles et communautaires – afin d’anticiper les prochaines émergences, protéger les populations et préserver les élevages et les écosystèmes ».
Air, eau, sol : le poison de la pollution
L’autre thème de ce rendez-vous, ce sont les « expositions aux pollutions ». Car les activités humaines entraînent des contaminations majeures de l’air, de l’eau et des sols, affectant la santé des humains, des animaux, des végétaux et des écosystèmes.
Selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé, neuf personnes sur dix dans le monde respirent un air contenant des niveaux élevés de polluants (nouvelle fenêtre) et sept millions de décès prématurés sont attribuables aux effets de la pollution de l’air extérieure et intérieure. À la fois accentuée par le changement climatique et causée comme lui par les combustions d’énergies fossiles, cette pollution accroît le risque de maladies respiratoires, d’accidents cardiovasculaires, de diabète ou de cancers.
Par ailleurs, la pollution plastique qui empoisonne la planète représente un « danger grave, croissant et sous-estimé »
pour la santé humaine, selon les experts. Des questions sur lesquelles le sommet promet de « servir de plateforme pour exposer des travaux structurants tels que la négociation du Traité pour mettre fin à la pollution plastique »,
sur lequel le monde a, pour le moment, échoué à s’entendre (nouvelle fenêtre).
La question de la malnutrition
Troisième session thématique du sommet lyonnais : les « systèmes alimentaires durables ». Faim, alimentation carencée, surpoids, obésité… Malgré les progrès des dernières décennies, la malnutrition reste présente dans le monde. Car ce que nous mangeons impacte notre santé (notamment via la présence de contaminants ou molécules néfastes comme les nitrites ou les bisphénols) mais affecte aussi l’environnement (via les émissions de gaz à effet de serre des élevages intensifs notamment).
Via les rendez-vous de lundi et mardi, les discussions visent à « promouvoir des pratiques agricoles bénéfiques pour les êtres vivants, le climat et la nature »
, est-il écrit dans le communiqué de présentation du « One Health Summit » qui ambitionne d’agir « tout au long de la chaîne alimentaire »
, en encourageant à veiller « à une meilleure prise en compte des enjeux liés à la malnutrition sous toutes ses formes ».
Les antibiotiques toujours trop automatiques
Un mot d’ordre sur ce sujet : « Accélérer la riposte One Health à la résistance aux antimicrobiens ». À force d’utiliser massivement, parfois à tort, des antibiotiques pour soigner les hommes et les animaux d’élevage, certaines bactéries deviennent insensibles à un ou plusieurs traitements anti-infectieux.
Un enjeu de santé globale : ces pratiques contribuent à diffuser les résistances aux antibiotiques dans l’eau et dans le sol, transformant par la suite des milieux naturels en réservoirs pour des bactéries résistantes. Le problème est tel que l’Organisation mondiale de la santé parle d’une « pandémie silencieuse ». Selon les chiffres, plus de 39 millions de personnes dans le monde pourraient mourir d’infections antibiorésistantes d’ici à 2050.




