Une tournée les yeux fixés sur le détecteur de drone. Voilà à quoi ressemble le quotidien d’Anatoly et Natalia qui, malgré la guerre, continuent de distribuer le courrier à proximité du front ukrainien qui recule sous l’offensive russe.
« Un jour, j’ai ouvert la vitre et j’ai entendu le bruit d’un drone FPV. J’ai regardé dans le rétroviseur, il était juste derrière nous. On a roulé aussi vite que possible pour s’échapper », se souvient auprès de BFMTV, le facteur.
« Ils viennent une fois par semaine »
Ils font partie des derniers facteurs à continuer à exercer si près de la zone de front située à quelques dizaines de kilomètres. Un service essentiel pour la population sur place à qui ils viennent apporter le courrier, les pensions de retraite ou encore des denrées alimentaires.
« Ils viennent une fois par semaine, c’est déjà bien, car nous n’avons rien ici », indique à BFMTV Luba, une habitante de Vasylkivska. « Regardez cette dame, elle est toute seule avec personne sur qui compter. Heureusement qu’on est là », souligne Anatoly.
« On se demande si une frappe ne va pas nous tomber dessus »
Au fur et à mesure que les positions russes se rapprochent, les bureaux de poste ferment les uns après les autres. C’est le cas à Tchaplyne, à 30 kilomètres de la ligne de front, où le dernier bureau a été fermé il y a un mois. Malgré cela, les agents de la poste continuent de se déplacer dans le village deux fois par semaine. Un moment très attendu par la population.
« On est là, à distribuer des pensions et on se demande si une frappe ne va pas nous tomber dessus. Je n’aurais jamais imaginé que mon travail puisse être aussi dangereux », concède Natalia, auprès de BFMTV.
Désormais, seules les personnes âgées restent dans ce village de 2.000 habitants. « On va déménager, on part, il n’y a quasiment plus d’enfants ici », témoigne Iana. Malgré la menace, Anatoly l’assure, il continuera les tournées aussi longtemps qu’il le faudra.
Article original publié sur BFMTV.com




