jeudi, janvier 22

L’équipementier automobile Dumarey a annoncé la fermeture de son usine strasbourgeoise le 8 janvier. Son client quasi unique, l’allemand ZF, a mis fin à ses commandes. Contactés, les délégués CFDT et CGT se désolent de concert, impuissants : « Cela fait des années qu’on alerte en vain sur le danger de cette dépendance démesurée. »

Une telle amertume se retrouve chez les salariés des PME rachetées par le groupe de sous-traitance industrielle ACI qui dénoncent, depuis leur reprise, le siphonnage de leur trésorerie par la holding. « On a écrit partout et personne ne nous a pris au sérieux », confiait un délégué CGT en décembre 2025, alors que le groupe avait été placé en redressement judiciaire sur fond de soupçon d’abus de bien social.

A plusieurs reprises ces dernières années, des députés confrontés à un risque de fermeture de site sur leur territoire ont reconnu avoir tardé à prendre en considération les avertissements des salariés, pourtant bien avisés. Car les belles promesses et les grands discours ne résistent pas à la réalité de la chaîne de production. Quand les investissements n’arrivent pas, que les pannes se répètent et que les commandes se tarissent, les ouvriers le voient vite. On reconnaît trop peu les travailleurs comme experts de leur travail. Lors de la canicule de l’été 2025, l’aide-soignante d’un Ehpad charentais enrageait ainsi devant le décalage entre les températures qu’elle constatait dans les chambres, le mal-être des personnes âgées comme du personnel, et les décisions de sa direction – un simple achat de brumisateurs. « Notre point de vue, tout le monde s’en cogne ! », lançait-elle, annonçant sa démission prochaine.

Devant l’usine de l’équipementier automobile Dumarey, lors de l’annonce de la suppression de 248 emplois, à Strasbourg, le 8 novembre 2024.

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