- Voir son bien occupé illégalement par des squatteurs peut rapidement devenir un enfer.
- Une fois libéré, il peut être dans un état d’insalubrité extrême.
- Ce reportage du 20H de TF1, qui se penche sur la seconde vie des squats, montre des spécialistes du nettoyage en pleine action.
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Le 20H
Ils sont nettoyeurs de l’extrême. Maxime et Serge, qu’une équipe de TF1 suit dans le reportage du 20H en tête de cet article, interviennent sur des chantiers insalubres. Ce type d’intervention nécessite des protocoles rigoureux de désinfection, décontamination, débarras et désodorisation. Ce jour-là, ils s’occupent du nettoyage d’une maison squattée depuis trois mois.
Et la mission s’annonce difficile. Les deux spécialistes, protégés par une combinaison blanche et un masque, ont du mal à passer par le garage. Des monticules d’objets s’entassent dans l’entrée. À l’intérieur, des déchets en grande quantité, des excréments animaux, de la nourriture avariée, un coussin infecté de parasites et un canapé entièrement déchiqueté.
Une « explosion » des squats ces dernières années
« Ici, on est dans le salon et la cuisine. Au niveau du sol, on a du carrelage jonché d’excréments et de plein de choses qui peuvent être blessantes ou même contaminées »
, explique face à notre caméra Maxime Batsall, dirigeant de l’entreprise de nettoyage « C’est clean ».
Pas un recoin n’est épargné. Les nettoyeurs pulvérisent un puissant désinfectant et doivent se frayer un passage jusqu’aux escaliers. La rampe a été lacérée par les vingt-deux chats et trois chiens de la squatteuse, une ancienne locataire qui n’a jamais voulu rendre les clés. « On fait très attention à toutes les choses qui peuvent couper ou piquer. Donc on y va doucement »
, prévient Maxime.
Seringues, tessons de bouteilles, plus aucune découverte ne surprend ce binôme. « Bien souvent, on peut rencontrer des rats, des punaises de lit, des cafards aussi »
, raconte Serge Batsall, salarié de l’entreprise. « Il peut y en avoir énormément. On a pu voir, nous, sur les derniers mois, voire les dernières années, qu’il y avait clairement une explosion des squats »
, assure de son côté Maxime. Trois jours plus tard, le logement est méconnaissable : plus aucun déchet, tout a été débarrassé, nettoyé, désinfecté. Pour cette prestation, les propriétaires devront payer plus de 6.500 euros.
Le squat est devenu un véritable business. Comme les procédures d’expulsion sont longues et coûteuses, certains renoncent et préfèrent vendre leurs biens avec une très forte décote à des sociétés spécialisées. Imane Daoudi, que suit également notre reportage, en a fait sa spécialité en créant l’agence « Libère ton squat », dédiée au rachat de biens occupés illégalement. Par exemple, la propriétaire d’un appartement qui avait été squatté voulait à tout prix se débarrasser de son bien endommagé. L’agence l’a acheté 70.000 euros, maintenant rénové, il sera revendu 38.000 euros de plus.
« Quand on a commencé, on avait peut-être cinq demandes par mois. C’était vraiment très peu et là, on peut aller jusqu’à une vingtaine par semaine »
, affirme Amélie Viard, employée de l’entreprise. Pourtant, depuis cette année, les squatteurs risquent jusqu’à trois ans de prison et 45.000 euros d’amende.








