lundi, juillet 6

  • Emmanuel Macron a demandé aux industriels de l’armement d’augmenter les cadences de production.
  • Conséquence : les entreprises françaises spécialisées dans l’armement font face à une hausse spectaculaire de leur activité.
  • Confrontées à des carnets de commandes pleins, elles peinent même à recruter suffisamment de personnel pour répondre à la demande croissante.

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Réarmement : l’Europe mise au défi

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« Accélérer notre réarmement ». La France doit consentir à « des efforts à la mesure de notre rude époque », avait jugé Emmanuel Macron en janvier, estimant nécessaire un budget supplémentaire de 36 milliards d’euros pour les armées d’ici à 2030, dont 3,5 milliards d’euros dès 2026, via une actualisation de la loi de programmation militaire. Des efforts supplémentaires qui doivent « permettre de préserver la crédibilité opérationnelle de nos armées et faire face, si nous devions y être confrontés, à un engagement majeur d’ici trois à quatre ans ». Depuis cet appel lancé par Emmanuel Macron pour une économie de guerre, où en sommes-nous ?

Interrogé dans le reportage du 13H de TF1 à regarder ci-dessus, Manuel-Rui Bernadeau, technicien-soudeur chez le fabricant de machines Techmeta, fabrique des pièces de Rafale depuis 33 ans. Dans l’entreprise située à Epagny Metz-Tessy dans le département de la Haute-Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes, la cadence de production a quadruplé en seulement deux ans. Le carnet de commandes est désormais plein sur les deux prochaines années. « On a un besoin de personnel parce qu’aujourd’hui on n’arrive pas à pallier la demande. Donc on a une charge de travail qui est relativement importante », explique-t-il.

Moteurs de Rafale, corps de missiles : 40 pièces militaires sont produites chaque mois dans cette petite entreprise. C’est quatre fois plus qu’il y a deux ans. Ces équipements sont livrés majoritairement à l’armée française, mais aussi à l’étranger. Face à cette augmentation des demandes, l’entreprise recrute 30 salariés chaque année. « On était habitué à peu près à 5% de notre marché dans la défense. Aujourd’hui on est à 50%. Ça nous demande d’augmenter nos capacités de production, nos investissements, nos recrutements, les formations, etc. Ce qui prend du temps », précise le dirigeant Frank Oudot.

Des processus de recrutement ouverts

Le recrutement constitue un enjeu de taille pour l’ensemble du secteur. La France est le deuxième exportateur d’armement au monde derrière les États-Unis. Les entreprises manquent de bras pour faire face à la demande grandissante. Dans l’usine Thalès située en Essonne, sont fabriqués des radars high-tech de défense aérienne. 33 sortiront de l’entrepôt cette année, contre 9 il y a quatre ans.

Le besoin est tel que l’entreprise a ouvert les candidatures à tous les profils. « Devant l’énorme augmentation des cadences, on a même ouvert des processus de recrutement. On a des personnes qui venaient d’horizons complètement différents. Par exemple, on a une infirmière qui a rejoint nos équipes, un ancien kiné », indique un responsable de production. 250 recrutements sont prévus en 2026 sur ce site. En France, l’industrie de défense fait vivre plus de 200.000 personnes.

La rédaction de TF1info | Reportage : Claire BLONDIAUX, Yannis MATISS et Frédéric MARCHAND

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