- La réaction des routiers est unanime : les aides promises par l’État sont jugées insuffisantes.
- Les remises sur le prix du carburant ne couvriront pas la totalité des hausses liées à la flambée des cours du pétrole.
- La profession organise donc des barrages symboliques ce samedi.
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Guerre au Moyen-Orient : les prix des carburants et du gaz s’envolent
La circulation ne se fait qu’au ralenti, comme on le voit dans le reportage du 13H ci-dessus. Près de Lyon sur l’autoroute A7, 2 voies sur 3 sont bloquées par une vingtaine de transporteurs routiers, en colère contre la flambée des prix du carburant, à la suite du conflit au Moyen-Orient. Gérard est gérant d’une entreprise de 100 camions, et estime que la hausse de 40 centimes par litre de gazole est difficile à encaisser. « Nous, ça nous fait à peu près une perte de 15.000 euros par semaine »,
explique-t-il au micro de TF1, « on a vraiment besoin que la profession soit aidée »
.
Crises à répétition
Le gouvernement a pourtant annoncé une aide forfaitaire : 20 centimes de rabais par litre de gazole pour le mois d’avril, ce qui va coûter 50 millions d’euros à l’État. Mais, pour ces chauffeurs routiers, c’est encore insuffisant. « On a déjà subi le Covid, on a déjà subi les gilets jaunes, on a subi l’Ukraine, là on subit l’Iran et c’est toujours le transporteur et les gros consommateurs de gazole qui subissent les conséquences »
, pointe un chauffeur sur le barrage de l’A7. Sur la route, la plupart des automobilistes à l’arrêt comprennent ces blocages. « Je soutiens complètement, même si c’est embêtant parce que j’ai un rendez-vous et je vais être en décalé »
, sourit l’un d’eux.
À Clermont-Ferrand, une dizaine de chauffeurs poids lourds sont aussi mobilisés. Ils demandent une aide semblable à celle de 2022 au moment de la crise énergétique. « En 2022, on avait réussi, l’État nous avait accordé 400 millions d’aides. Aujourd’hui, c’est 50 millions, c’est 8 fois moins. On est 8 fois moins importants »
, estime un conducteur.
Il y a 4 ans, en plus d’une remise de 30 centimes sur les prix du carburant, le gouvernement avait fourni une aide directe aux entreprises en fonction de leur nombre de véhicules – à une époque où les finances de l’État le permettaient davantage. « Cette aide de 50 millions, on ne sait pas du tout comment elle a été calibrée, et sur quelle base, et comment ça va se traduire concrètement pour les entreprises »
, fustige Florence Berthelot, déléguée générale de la Fédération nationale des transports routiers. Pour bénéficier de cette aide, les transporteurs routiers devront apporter la preuve de leurs difficultés financières.




