mercredi, janvier 28

  • Le groupe IDKIDS a annoncé, mardi, demander le placement en redressement judiciaire pour la plupart de ses marques en France.
  • Son enseigne phare pour enfants Okaïdi est notamment concernée.
  • En revanche, la demande ne concerne pas sa marque haut de gamme Jacadi Paris.

Nouvelle victime dans la crise du prêt-à-porter en France. Le groupe IDKIDS a annoncé, mardi 27 janvier, demander le placement en redressement judiciaire pour la plupart de ses marques en France, dont son enseigne phare pour enfants Okaïdi (nouvelle fenêtre) qui propose des vêtements pour les 3-14 ans. Sont aussi concernées les marques Obaïbi (vêtements pour les 0-3 ans) et Oxybul qui propose des jeux d’éveil, a détaillé le groupe dans un communiqué. En revanche, ni la marque haut de gamme du groupe, Jacadi Paris ni « les filiales étrangères et l’ensemble des franchises du groupe » ne sont concernées. 

Une audience aura lieu le 3 février devant le tribunal de commerce de Lille Métropole pour examiner cette demande, a précisé à l’AFP le groupe qui emploie 2.000 personnes en France. La direction d’IDKIDS a assuré que cette demande de protection permettra de « redonner du temps et de la capacité financière » au groupe, qui « doit accélérer (sa) transformation ».

Concurrence et développement du low-cost

Okaïdi, marque historique du groupe dont le siège est basé à Roubaix (Nord), réalise un chiffre d’affaires de 600 millions d’euros dans le monde, dont 300 millions en France, a précisé une porte-parole du groupe à l’AFP. Dans son ensemble, IDKIDS est présent dans 70 pays, pour un chiffre d’affaires global de 800 millions d’euros et 6.000 salariés. Le groupe dit être victime d’un « effet sablier » : en haut du marché, le segment premium résiste, et en bas « le low-cost et l’ultra fast-fashion prospèrent« , une situation qui étrangle les enseignes du milieu de gamme comme Okaïdi. 

« Okaïdi-Obaïbi subissent depuis plusieurs années la pression des coûts et de la concurrence (généralistes low-cost, fast-fashion, seconde main) qui ont fortement pesé sur les résultats de la marque en 2025″, insiste encore IDKIDS. « Okaïdi doit faire évoluer son modèle opérationnel et réaffirmer sa singularité pour rester compétitif », continue le groupe.

Du côté des syndicats, l’annonce provoque la colère. Farida Khelifi, déléguée syndicale CGT, estime ainsi auprès de l’AFP que ce placement en redressement judiciaire était attendu « depuis des années », en raison d’une « dette à neuf chiffres » entraînée par « des erreurs stratégiques » dans un secteur « dégradé ». « Okaïdi, c’est une belle marque mais malheureusement le secteur s’est dégradé », déplore-t-elle, citant la concurrence des plateformes en ligne et le pouvoir d’achat en baisse. Pour elle, la direction avance « dans le noir » avec cette liquidation, qui mènera « automatiquement à des fermetures de magasins » et « des postes supprimés », redoute-t-elle.

Okaïdi avait déjà annoncé en mars 2024 une « stratégie de simplification » qui pouvait entraîner la suppression de 300 emplois dans le réseau IDKIDS. Le groupe se félicite en revanche de la « trajectoire de croissance » de Jacadi, qui a réalisé en 2025 la « meilleure performance de son histoire » avec une rentabilité en hausse. De nombreuses entreprises françaises de prêt-à-porter ont connu de graves difficultés ces dernières années : IKKS, Camaïeu, Kookaï, Gap France, Pimkie, Comptoir des Cotonniers, Princesse Tam Tam… Cette crise quasi générale a été fatale pour certaines d’entre elles, liquidées comme Kaporal et Jennyfer.

A.B. avec AFP

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