samedi, mars 7

L’ancien président américain Barack Obama a vivement critiqué la politique de Donald Trump lors d’un hommage, vendredi à Chicago, au pasteur noir Jesse Jackson, figure de la lutte pour les droits des Afro-Américains, mort mi-février à 84 ans.

C’est dans cette ville que vivait le révérend Jackson, qui a pris sa vie durant une place considérable dans la lutte pour l’égalité raciale aux Etats-Unis, devenant une figure de l’histoire récente du pays.

Alors que « chaque jour, nous nous réveillons face à une nouvelle attaque contre nos institutions démocratiques, un nouveau recul de l’idée d’État de droit », Barack Obama, dont Chicago a été le berceau politique, a appelé à être, à l’instar de Jesse Jackson, « des hérauts du changement, des messagers d’espoir ».

Un peu plus tôt, il avait décrit le révérend comme « un homme qui, lorsque les pauvres et les démunis avaient besoin d’un défenseur et le pays besoin de guérison, s’est proposé encore et encore et encore. »

« Il nous a invités à croire en notre pouvoir de changer l’Amérique pour le meilleur », a clamé M. Obama.

Deux autres anciens présidents démocrates, Joe Biden et Bill Clinton, devaient s’exprimer lors de cette cérémonie publique inter-religieuse, ainsi que Kamala Harris, première vice-présidente noire des Etats-Unis, ou encore le président colombien Gustavo Petro.

– Campagnes présidentielles marquantes –

Né en Caroline du Sud en 1941, Jesse Jackson était un excellent élève dans son lycée ségrégué avant d’intégrer l’université au moment où le mouvement pour les droits civiques prenait son envol.

Il n’avait pas 20 ans quand il a participé à son premier sit-in et a été de ceux qui, en 1965, ont marché entre Selma et Montgomery, dans le Sud profond, pour défendre l’accès au vote des Afro-Américains.

Présent à Memphis lorsque Martin Luther King y a été assassiné en 1968, il a assisté, les larmes aux yeux, 40 ans plus tard, à la victoire de Barack Obama, premier Afro-Américain à accéder à la Maison Blanche.

En 1984 et 1988, ce pasteur baptiste avait lui-même tenté d’emporter la primaire démocrate pour l’élection présidentielle, deux campagnes dépourvues de succès, mais marquantes.

Ce père de six enfants s’était ensuite imposé comme médiateur et envoyé spécial dans plusieurs conflits internationaux majeurs.

Fervent militant de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, il avait servi dans les années 1990 d’émissaire de Bill Clinton pour l’Afrique. Et s’était investi en Syrie, en Serbie ou en Irak, notamment pour faire libérer des prisonniers américains.

Il s’était tenu aux côtés de la famille de George Floyd, tué en 2020 par un policier blanc et devenu un des symboles du mouvement antiraciste « Black Lives Matter ».

Fondateur de la Rainbow PUSH Coalition, une ONG basée à Chicago oeuvrant pour la justice sociale, il avait révélé en 2017 être atteint de la maladie de Parkinson, qu’il avait qualifiée de « défi physique » tout en poursuivant ses activités.

bur-pel/vla

Share.
Exit mobile version