dimanche, mars 22

  • Faut-il payer plus cher pour mieux manger ?
  • Pas forcément, selon une étude de Santé publique France.
  • Elle montre qu’un bon Nutri-Score n’est pas synonyme de prix plus élevés.

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Alimentation, faites-vous du bien

Depuis 2017, le Nutri-Score est l’étiquetage qui permet d’informer les consommateurs sur la valeur nutritionnelle d’un produit. Dans l’esprit de plusieurs consommateurs, les produits bien notés (A et B) seraient plus chers que les produits moins bien notés (D ou E). Pour savoir si cette théorie se vérifie, Santé publique France (SPF) a mené, en partenariat avec l’Institut national de la recherche pour l’agriculture (Inrae), une première étude (nouvelle fenêtre) pour évaluer le lien entre Nutri-Score et le prix des produits. 

Les résultats de cette étude*, menée entre janvier 2020 et décembre 2023, ont été publiés ce jeudi 19 mars. Ils révèlent qu’aucune tendance générale entre Nutri-Score et prix n’a pu être mise en évidence. Parfois, le prix augmente lorsque le Nutri-Score se dégrade et, d’autres fois, il peut suivre la tendance inverse. Pour arriver à cette conclusion, près de 28.000 produits classés dans 22 catégories et sous-catégories d’aliments, qui ont adopté ou non le Nutri-score (nouvelle fenêtre), ont été inclus dans l’analyse. 

Des produits mieux notés et moins chers

Les produits qui affichent un meilleur Nutri-score ne sont donc pas nécessairement plus chers que ceux qui affichent un score moins valorisant. Par exemple, des yaourts ou des sauces pour pâtes affichant un Nutri-score A ou B sont moins chers que les produits notés D ou E. C’est notamment le cas pour les yaourts aromatisés et aux fruits, les yaourts à la vanille, les fromages blancs, les yaourts à base d’autres laits que celui de vache, mais aussi pour les sauces pestos et végétariennes. De plus, pour certaines catégories, comme les pains de mie et les pizzas (sauf celles à base de viande), le prix n’est pas différent selon le Nutri-score. 

En revanche, la baisse de prix à mesure que la note Nutri-score se dégrade est particulièrement marquée pour certains aliments comme les biscottes, les brioches et gâches, les gâteaux et biscuits industriels, les viennoiseries, certaines céréales pour le petit-déjeuner, les jus (smoothies et nectars), le jambon blanc, les produits panés, les soupes de légumes…

Le Nutri-score est un repère pour plus de neuf Français sur dix

Santé publique France note que les produits commercialisés par des marques qui n’ont pas adopté le Nutri-score sont, dans la majorité des cas, plus chers que ceux des marques qui affichent le logo. Mais cela peut s’expliquer par l’engagement des marques distributeurs, qui proposent en moyenne des prix plus bas que les marques nationales, dans la démarche Nutri-score. 

Enfin, Santé publique France rappelle que pour plus de neuf Français sur dix, le Nutri-score est un repère pour connaître la qualité nutritionnelle d’un produit. Il est aussi pris en compte dans les achats alimentaires par 68% des personnes qui connaissent l’outil. Plusieurs études ont montré qu’il permettait à la fois d’aiguiller les consommateurs, mais aussi d’améliorer la qualité nutritionnelle des produits.

* Étude menée en partenariat avec INRAE,  sur une base de données (alimentée par plusieurs sites d’e-commerce de distributeurs français), dont l’extraction a été réalisée pour la période de janvier 2020 à décembre 2023. Au total, 27 955 produits classés dans 22 catégories et sous-catégories d’aliments, avec des marques engagées ou non dans la démarche Nutri-Score, ont été inclus dans l’analyse.

Caroline FRUHAUF pour TF1 INFO

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