dimanche, avril 12

  • Une délégation du Hamas a rencontré au Caire ce dimanche 12 avril des responsables égyptiens pour évoquer le cessez-le-feu en vigueur dans la bande de Gaza.
  • Le mouvement islamiste et Israël s’accusent mutuellement de rompre la trêve conclue en octobre dernier.
  • Sur place, les conditions de vie restent « extrêmement difficiles », selon un responsable de l’ONU.

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À Gaza, un fragile cessez-le-feu dans le cadre du plan Trump

Au sein d’un Moyen-Orient en crise, la situation à Gaza continue d’inquiéter. Tandis que l’attention est concentrée ces dernières semaines sur le conflit entre Israël, les États-Unis et l’Iran ou sur les bombardements au Liban, le cessez-le-feu dans l’étroite bande de terre palestinienne est toujours officiellement en vigueur. Mais le Hamas et l’État hébreu s’accusent mutuellement de rompre la trêve, conclue sous l’égide de Washington en octobre dernier. 

Ce dimanche 12 avril, une délégation du mouvement islamiste, responsable des massacres du 7 octobre 2023 en Israël, a rencontré au Caire (Égypte) des responsables égyptiens. Avant ces discussions, un cadre du Hamas avait indiqué à l’AFP, sous couvert de l’anonymat, que ces échanges porteraient sur « la cessation des violations israéliennes et de la mise en œuvre des dispositions restantes de la première phase de l’accord de cessez-le-feu« . Une autre source du Hamas a précisé qu’une réunion devait aussi se tenir en présence de Nikolaï Mladenov, diplomate bulgare officiant en tant que Haut représentant de Gaza au sein du Conseil de la paix, l’instance créée par Donald Trump pour concurrencer l’ONU.

Toujours des frappes dans l’enclave

L’armée israélienne a confirmé avoir mené plusieurs frappes dans la bande de Gaza ces derniers jours, justifiant ces bombardements par l’élimination de « terroristes » présents dans le territoire. Samedi, des images consultées par l’AFP montraient des Palestiniens rassemblés autour de plusieurs hommes, allongés sur des brancards disposés au sol avant les processions funéraires.

Tsahal contrôle toujours plus de la moitié de l’enclave, tandis que le mouvement palestinien refuse de déposer les armes aux conditions posées par Israël. Le désarmement du Hamas est pour pourtant l’une des exigences formulées dans la deuxième phase du plan américain soutenu par Donald Trump pour mettre fin à la guerre à Gaza, qui a fait des dizaines de milliers de morts entre 2023 et 2025. En contrepartie, l’accord prévoit le départ de l’armée israélienne d’une partie de la bande de Gaza.

Une « vague incessante de meurtres » à Gaza, selon l’ONU

Sur place, la situation humanitaire et sécuritaire reste catastrophique pour des centaines de milliers de déplacés, vivant dans des camps de fortune. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a dénoncé vendredi une « vague incessante de meurtres » dans la bande de Gaza. Une situation qui, selon lui, « témoigne d’un mépris pour la vie des Palestiniens, rendu possible par une impunité généralisée« . « Les Palestiniens n’ont aucun moyen de survivre : quoi qu’ils fassent ou ne fassent pas, où qu’ils aillent ou n’aillent pas, ils ne bénéficient d’aucune sécurité ni protection« , a poursuivi le responsable. « Il est difficile de concilier cela avec un cessez-le-feu.« 

Pour apporter une solution temporaire aux personnes sans logement, l’ONU a entrepris la construction de 4000 abris en fibre de verre dans l’ouest de la ville de Khan Younès, presque totalement rasée. « Il s’agit de solutions très basiques et temporaires, tandis que nous continuons à planifier la relance et la reconstruction« , a indiqué à l’AFP Alessandro Markic, chef du bureau du Programme de l’ONU pour le développement (Pnud) à Gaza. Dans le territoire, « les familles font face à des conditions extrêmement difficiles, avec une destruction généralisée tout autour et un accès limité aux services de base« , poursuit-il. 

Fin mars, la région a aussi subi d’importantes intempéries. Des inondations avaient abîmé les campements de fortune de certains déplacés, aggravant encore leurs conditions de vie.

T.A. avec AFP

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