mardi, janvier 13
Christian Tein, le président du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), à Ponerihouen, en Nouvelle-Calédonie, le 6 décembre 2025.

Ce sera sans le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS). Le mouvement indépendantiste calédonien a annoncé, mardi 13 janvier, qu’il ne se rendra pas à la réunion sur l’avenir institutionnel de l’archipel organisée vendredi à l’Elysée par Emmanuel Macron.

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« Paris est sourd et ne connaît que le rapport de force, c’est pour cela que nous n’irons pas à la réunion. Le gouvernement essaie de nous enfermer dans [l’accord de] Bougival, nous et l’ensemble des acteurs calédoniens. Nous ne pouvons pas le cautionner », a affirmé le président du FLNKS, Christian Tein, lors d’une conférence de presse au siège de l’Union calédonienne – principale composante du mouvement – à Nouméa. La coalition indépendantiste a tenu une convention, samedi et dimanche, à Dumbéa, près de Nouméa.

Dans un courrier envoyé en décembre 2025 aux élus locaux, le président de la République avait annoncé qu’il réunirait les élus calédoniens le 16 janvier à Paris pour « poursuivre le dialogue » sur l’avenir institutionnel de l’archipel et « apporter des clarifications sur l’accord » de Bougival signé en juillet 2025 entre l’Etat, les indépendantistes et les non-indépendantistes. Le projet d’accord prévoit notamment la création d’un Etat de la Nouvelle-Calédonie inscrit dans la Constitution française ; il a toutefois été rejeté dès août par le FLNKS.

Un projet dans l’impasse

Si une majorité des forces politiques calédoniennes continue de soutenir le texte, plusieurs d’entre elles estiment qu’il doit être amendé afin de dégager un consensus jugé indispensable à sa mise en œuvre.

Pour tenter de relancer le processus dans un archipel marqué par de graves violences au printemps 2024, qui ont fait 14 morts et rendu l’économie locale exsangue, la ministre des outre-mer, Naïma Moutchou, avait proposé d’organiser en mars de cette année une « consultation citoyenne anticipée », avant l’adoption de la loi constitutionnelle nécessaire à son application. Mais cette perspective a suscité des réserves, y compris parmi les soutiens de l’accord de Bougival.

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L’Union nationale pour l’indépendance (UNI) a conditionné son appui à des modifications du texte et le Congrès calédonien, consulté pour avis le 8 décembre, a confirmé que le projet était dans l’impasse avec 19 votes pour, 14 contre et 19 abstentions.

Début décembre, le Parti socialiste avait demandé au premier ministre, Sébastien Lecornu, de « suspendre » la consultation anticipée, estimant qu’elle révélait « l’absence de consensus réel » autour de l’accord. Au final, le gouvernement n’avait pas adopté le projet de loi sur la consultation lors du conseil des ministres du 17 décembre, comme il était prévu. L’exécutif a renoncé à cette initiative, pour l’heure, selon les informations du Monde.

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Le Monde avec AFP

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