vendredi, février 6
Le leader indépendantiste kanak Christian Tein (au centre, avec un polo bleu) lors du congrès du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), à Ponérihouen, le 6 décembre 2025.

A trois semaines de l’examen au Sénat, mardi 24 février, d’un projet de loi constitutionnelle sur le statut de la Nouvelle-Calédonie qui fait débat, l’ambiance est étrangement calme dans les rues de Nouméa. Ni manifestation ni banderole contre ce texte qui prévoit notamment le dégel du corps électoral, mère de toutes les batailles pour le camp indépendantiste et dont les tentatives de modification sont à l’origine des épisodes parmi les plus violents de l’histoire du Caillou.

Il y a deux ans, à la même période, des dizaines de milliers d’indépendantistes défilaient dans les rues pour dire non au dégel, tandis que les non-indépendantistes criaient leur soutien à la réforme engagée par le ministre de l’intérieur d’alors, Gérald Darmanin : « Si l’Etat tremble, le bordel, c’est nous qui le mettrons », lançait la leader loyaliste Sonia Backès, juchée sur le plateau d’un camion, devant des milliers de partisans.

Un clivage extrême qui a débouché, le 13 mai 2024, jour de l’examen du texte à l’Assemblée nationale, sur une explosion de violences qui a fait 15 morts et des milliards d’euros de dégâts. Des violences imputées par les Loyalistes à la cellule de coordination des actions de terrain, la CCAT, créée par les indépendantistes de l’Union calédonienne pour organiser la mobilisation contre le texte. Les indépendantistes, eux, dénoncent le « passage en force de l’Etat » et les injustices sociales criantes, responsables, selon eux, de cette rébellion violente d’une partie de la jeunesse kanak. A ce jour, la justice n’a pas tranché les responsabilités.

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