lundi, janvier 5
Les albums coup de cœur de l’année 2025, par « Le jazz et la salsa »

 Bad Bunny : « DeBÍ TiRAR MáS FOToS », par Bad Bunny (Rimas Entertainment)

Artiste le plus écouté au monde sur Spotify en 2025, Bad Bunny affiche fièrement les couleurs de son île, Porto Rico. Soyons honnêtes : on aurait préféré moins de trap et davantage de musique traditionnelle, mais l’ensemble est extrêmement bien fait, intelligent, et surtout, irrésistible.

A. Pérez, E. Gonzalez Toro, T. Enhco : « La Misa Criolla » (Gemelly Factory)

Entouré du chanteur cubain Alain Pérez et du pianiste Thomas Enhco, le ténor Emiliano Gonzalez Toro revisite un classique du répertoire latino-américain à la tête d’un big band de latin-jazz. Le résultat est envoûtant.

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Omara Portuondo : « Eternamente Omara » (Warner)

Le pianiste cubain Roberto Fonseca offre à sa compatriote Omara Portuondo pour ses 95 printemps l’un de ses plus beaux disques. De sa voix intacte, la diva nous émerveille de sa fraîcheur euphorisante.

Ruben Blades : « Fotografias » (Rubén Blades Productions)

Parmi les derniers géants de la salsa des années 1970, Rubén Blades imprime le style big band qu’il a adopté ces dernières années — porté par l’orchestre de Roberto Delgado — à l’écriture engagée qui fait sa signature depuis ses débuts.

Gloria Estefan : « Raices » (Crescent Moon Records/Sony Mus)

Gloria Estefan, pionnière de la pop latine à l’échelle internationale, revient au répertoire traditionnel avec un album très réussi en espagnol empli de nostalgie.

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Rumba con Swing : « Re-Creaciones de Chano Pozo » (Colibri)

Cette production cubaine de haute volée rend un hommage somptueux à Chano Pozo, le percussionniste de Dizzy Gillespie, précocémment disparu. Inutile d’aligner les noms : croyez-nous, c’est la fine fleur de la scène havanaise qui est réunie ici.

Issac Delgado : « Mira Como Vengo » (AnZn)

Vétéran de la timba, le chanteur cubain Issac Delgado retrouve le son de ses débuts avec l’un de ses albums les plus aboutis de ces dernières années, véritable condensé de l’ensemble de sa carrière.

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Paquito D’Rivera & Madrid-New York Connection : « La Fleur de Cayenne » (Sunnyside Records)

Le célèbre clarinettiste et saxophoniste cubain Paquito D’Rivera, installé de longue date aux Etats-Unis revisite le répertoire avec une délicatesse remarquable, entouré de compatriotes basés à Madrid sous la direction du pianiste Pépé Rivero.

Sonido 70 : « Te Tumbo El Rumbon » (70 RECORDS)

Album après album, la formation colombienne Sonido 70 s’impose comme l’une des références de la salsa dura, la veine la plus pure du genre, dont l’âge d’or remonte aux années 1970.

Harold Lopez-Nussa : « Nueva Timba » (Blue Note Records)

Pour son deuxième album chez Blue Note, Harold Lopez-Nussa dévoile ce qui s’apparente à un second volet, plus lumineux, d’un diptyque amorcé avec « Timba a la americana » : une captation née de la tournée fleuve menée avec son quartet et l’harmoniciste Grégoire Maret.

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La Radio Bembe Orquesta : « Adaiah » (La Radio Bembé Orquesta)

Difficile de ne pas inclure les punks de la salsa dans cette sélection : Radio Bembe Orquesta incarne tout ce qu’on attend des nouveaux groupes, en bousculant le genre avec une impertinence réjouissante.

Maite Hontele & Ramón Valle : « Havana » (In And Out Records)

De très jolies mélodies et toute la sensibilité de Ramón Valle, qui met son art au service de la trompettiste néerlandaise Maite Hontele. A glisser entre toutes les oreilles.

Orquesta Faílde : « Caminando Piango Piango » (Tumbao Productions)

Ethiel Faílde, descendant de l’inventeur du danzón Miguel Faílde, continue de se poser en gardien de la tradition. L’Orquesta Faílde trouve un bel équilibre en naviguant entre les différents styles de musique populaire cubaine.

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Javier Maymo : « 1970 Esto Es Salsa » (Javier Maymo)

De Javier Maymo, on ne sait presque rien : selon les sites spécialisés, ce musicien venu du rock aurait enregistré « 1970 Esto Es Salsa » avec le seul accompagnement d’un pianiste. Présenté comme un live, cet album ébouriffant restitue le son, l’énergie et l’esprit de la salsa des années 1970.

David Virelles : « Igbó Alákọrin (The Singer’s Grove) Vol. III » (El Tivoli Productions)

À cent mille lieues de Bad Bunny, ce projet relève davantage de la recherche musicologique que de la musique populaire. Le pianiste David Virelles y réunit des œuvres de grands compositeurs cubains, des pièces personnelles et des inédits d’Antonio María Romeu, enregistrés dans des conditions proches de celles du début du XXᵉ siècle à Cuba : sur des cylindres de cire destinés à un phonographe.

« Le jazz et la salsa »

Dans la folie du monde, la musique reste un phare, une béquille précieuse pour chacun d’entre nous. En ce début d’année, je pense à tous les musiciens qui continuent de faire vivre leur art loin de leur pays. Soutenez le live. Allez écouter les artistes sur scène. Je vous souhaite une très belle année musicale.

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