dimanche, août 30

Issus de différentes unités de l’armée nigérienne, principalement des forces spéciales, ces militaires ont rejoint la capitale Niamey, pour partie depuis les régions de Tillabéri et de Dosso. Dans la nuit de vendredi à samedi, ils ont réussi à s’emparer de la base 101, qu’ils ont tenue jusqu’à samedi soir. Repoussés par la garde présidentielle, ils n’ont cependant pas réussi à s’emparer d’autres sites stratégiques de la capitale, comme la présidence ou la télévision nationale. Ils espéraient le ralliement d’autres unités de l’armée, qui n’est jamais venu.

Ces soldats des forces spéciales constituent l’élite de l’armée nigérienne. Leur mission est notamment de combattre les jihadistes de l’État islamique et du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim). Dans le cadre des opérations antiterroristes « Niya » et « Almahaou », ils opèrent notamment dans la région des trois frontières avec le Mali et le Burkina Faso.

Selon plusieurs analystes, ces unités ont manifesté à plusieurs reprises ces derniers mois leurs frustrations face aux pertes subies par l’armée nigérienne dans la guerre contre les groupes jihadistes. Pour Bakary Sambe, directeur du Timbuktu Institute, le fait que cette mutinerie soit partie des rangs de l’armée révèle, selon lui, des tensions internes à l’armée.

Le rôle de l’Africa Corps russe

Pour reprendre le contrôle de la base 101, occupée par les mutins jusqu’à samedi soir, le Niger a sollicité l’aide de l’Africa Corps « pour réprimer une mutinerie », selon l’ambassadeur de Russie à Niamey, Viktor Voropaïev, cité par l’agence publique russe Sputnik Afrique.

Pour Bakary Sambe, directeur du Timbuktu Institute, le rôle joué par la Russie dans la reprise de la base 101 ne fait plus de doute. « L’appui russe n’est plus une hypothèse. C’est le commandement nigérien de la base 101 lui-même qui a sollicité l’Africa Corps. » Une délégation militaire de haut niveau est ensuite venue « remercier officiellement les Russes », poursuit-il. « Niamey comme Moscou revendiquent désormais ensemble ce succès. La présence de l’Africa Corps a été sollicitée à un moment critique. Il y a de fait aujourd’hui une dépendance sécuritaire croissante et assumée envers la Russie. »

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Pour l’analyste, c’est la deuxième fois en 2026 que la Russie est mise en avant dans la reprise en main d’un site stratégique au Niger. Une évolution qui marque, selon lui, une nouvelle étape dans la relation sécuritaire entre les deux pays : « La coopération russe, qui jadis était incarnée par Wagner et non assumée de manière officielle, est aujourd’hui entrée dans une nouvelle phase. » Il y voit désormais l’« affirmation d’une coopération officielle entre la Russie et les pays de l’AES, comme on l’a vu aujourd’hui dans le cas du Niger ».

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