- Maire de Katmandou, Balendra Shah a été élu à la Chambre des représentants en battant l’ex-Premier ministre KP Sharma Oli.
- Ce dernier avait été chassé du pouvoir en septembre dernier après une insurrection meurtrière.
- Pour fêter cette victoire, le futur chef du gouvernement a publié un clip appelant à l’unité du pays.
« Je ne m’essoufflerai pas, je courrai comme un léopard »
. Ces mots, ce sont ceux du futur Premier ministre du Népal, Balendra Shah. Mais ils ne sont pas issus de son discours de victoire mais… de son clip de rap pour célébrer son succès aux élections législatives. Publié jeudi 26 mars, à la veille de son investiture, il appelle le pays à l’unité.
Car son accession à la tête du gouvernement, le maire de Katmandou, rappeur de 35 ans, l’a gagnée en étant élu à la Chambre des représentants face à l’ex-Premier ministre KP Sharma Oli, 74 ans, chassé du pouvoir en septembre dernier lors de l’insurrection meurtrière – pour laquelle il pourrait être poursuivi – lancée par les jeunes de la Génération Z.
Mon cœur est rempli de courage, mon sang bout, mes frères sont à mes côtés, cette fois nous nous lèverons
Mon cœur est rempli de courage, mon sang bout, mes frères sont à mes côtés, cette fois nous nous lèverons
« Balen » Shah dans son clip de rap
« Népalais unis, l’histoire est en marche »
, rappe de son côté « Balen » Shah, 35 ans, après son élection, dans un clip nourri d’images de sa campagne électorale publié sur les réseaux sociaux, sa première expression publique depuis le scrutin du 5 mars. « Mon cœur est rempli de courage, mon sang bout, mes frères sont à mes côtés, cette fois nous nous lèverons »
, lance-t-il encore.
Une prise de parole qui a attiré en quelques minutes des dizaines de milliers de vues. « Cette fois, la joie et le bonheur éclateront dans tous les foyers »
, chante encore le futur Premier ministre, « je ne m’essoufflerai pas, je courrai comme un léopard ».
Au-delà de ses talents de rappeur, de lourdes tâches attendent Balendra Shah à la tête du gouvernement népalais. Celui qui va prendre la suite de Sushila Karki, 73 ans, qui assurait l’intérim à la tête du pays depuis six mois, devra notamment décider des suites à donner aux conclusions de la commission d’enquête sur les événements de septembre.
L’organisme recommande des poursuites pénales contre KP Sharma Oli et plusieurs autres responsables, alors que les deux jours d’émeutes survenus en septembre 2025 ont causé la mort d’au moins 76 personnes et plus de 2.400 blessés, selon son rapport de plus de 900 pages.
Des blessures par balles mortelles
L’ex-Premier ministre communiste a publiquement nié à plusieurs reprises avoir ordonné à la police d’ouvrir le feu sur les manifestants du 8 septembre. Ce jour-là, des milliers de jeunes réunis sous la bannière de la Génération Z étaient descendus dans les rues de Katmandou et de nombreuses villes du pays pour dénoncer le blocage des réseaux sociaux et la corruption des élites.
Au moins 19 manifestants ont été tués par balles dans la capitale, et des dizaines d’autres blessés. Si la commission écrit qu’elle n’a pas « pu établir s’il y avait eu un ordre formel d’ouvrir le feu »
, elle considère cependant « qu’aucun effort n’a été fait pour arrêter ou maîtriser les tirs et que, en raison de cette négligence, même des mineurs ont perdu la vie ».
Son rapport mentionne que 48 des 63 victimes autopsiées ont révélé des blessures mortelles par balles. Des conclusions que devra étudier le nouveau Premier ministre népalais alors que tout au long de sa campagne électorale, Balendra Shah s’est présenté en porte-parole des protestataires.




