- Rouge, blanc, rosé, effervescent… Au début de l’automne, pendant plusieurs semaines, les foires aux vins offrent une bonne occasion de refaire ses stocks avec des bouteilles de qualité à moindre coût.
- Cette année, cavistes et grandes surfaces présentent des vins accessibles et plutôt jeunes.
- Décryptage avec Jérôme Baudouin, rédacteur en chef de la revue Les Vins de France.
Dynamiser les ventes après l’été, concurrencer les commerces de centre-ville, écouler des bouteilles avant la remise en fût et faire découvrir de bons crus… La foire aux vins sert à de multiples arguments. Dans les rayons de la grande distribution, chez les cavistes et sur les sites de vente en ligne, les étiquettes « foire aux vins » commencent à s’afficher. L’an dernier, les chiffres ont montré une légère hausse des ventes grâce à des prix en baisse. Jérôme Baudouin, rédacteur en chef de la revue Les Vins de France, estime que la foire aux vins représente environ 10% du chiffre d’affaires annuel des grandes surfaces dans ce domaine. D’après le baromètre réalisé par OpinionWay pour le site de e-commerce Bonial, 36% des Français interrogés envisagent d’acheter des bouteilles.
À l’origine, l’opération, lancée dans les années 1970, avait pour but de démocratiser des grands crus bordelais en grande surface. Aujourd’hui, les responsables de magasins mélangent dans les rayons des découvertes de grands crus abordables et de toutes les régions, de nouveaux domaines, des vins bio ou des appellations montantes. « La qualité des vins présentés en foire n’est pas la même que pendant le reste de l’année. Le prix moyen des fonds de rayons tourne entre 2,50 et 3 euros d’habitude, il grimpe entre 6 et 7 euros au début de l’automne. Les acheteurs ne sont pas les mêmes non plus avec pendant la foire des curieux, des amateurs ou des personnes qui préparent les fêtes de fin d’année ou des sorties chez les copains en achetant en grande surface »
, décrit le spécialiste. Résultat : le public en profite pour découvrir ou redécouvrir le vin. « Les acheteurs prennent une à deux bouteilles de telle région qu’ils ne connaissent pas pour goûter et se faire un avis »
, ajoute le journaliste.
Des vins frais et prêts à boire
Dans les rayons, nos confrères des revues œnologiques notent un net recul des cuvées prestiges. De moins en moins de vins s’affichent à plus de 100 euros la bouteille. La majorité des vins proposés peuvent se boire rapidement. Moins puissants, plus accessibles, ils se destinent à des consommateurs plus jeunes. Des appellations méconnues tutoient des effervescents classiques. Les rouges restent majoritaires. « Cette année, les grandes surfaces font la part belle aux néo-vignerons et aux vins bio. On trouve également beaucoup de cépages résistants : ces vignes résistent à certaines maladies et ne sont autorisées que depuis quelques années seulement. Ils disposent de profils aromatiques différents et plus originaux »
, commente Jérôme Baudouin. Les vins étrangers semblent en retrait. La plupart des grandes enseignes expliquent qu’il faut soutenir les vignobles français dans cette période difficile en mettant en avant leur travail et en préservant de justes prix.
La grande distribution se sert des foires aux vins pour tester des tendances auprès du grand public. « Ces périodes servent de thermomètre pour comprendre les futures tendances de consommation. On se rend compte que c’est effectivement ce qu’il se passe. Lorsque les grandes surfaces ont commencé à tourner le dos aux grands crus bordelais, les consommateurs sont allés goûter de nouveaux vins plus faciles à boire »
, analyse Jérôme Baudouin. Le spécialiste observe que les grandes surfaces marchent de plus en plus sur les plates-bandes des cavistes traditionnels : « Des sommeliers se promènent dans les rayons de la grande distribution pour conseiller les clients et des équipes dédiées se chargent des achats de vins pour la foire »
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Nous vous rappelons que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé. Buvez toujours avec modération.











