dimanche, janvier 18

Ils ne sont pas légion. Fabien Roussel, le secrétaire national du Parti communiste, maire de Saint-Amand-les-Eaux, dans le Nord, depuis un an, a officialisé vendredi 17 janvier sa candidature aux élections municipales de mars. Il va jouer gros.

Un échec dans cette ville thermale de 16 000 habitants, qu’il administre depuis 2025 et la mise en retrait de son ami Alain Bocquet, mettrait effectivement en péril son éventuelle candidature à la présidentielle de 2027, alors qu’il a déjà été fragilisé par la perte en 2024 de son siège de député au profit du Rassemblement national.

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Comme lui, une poignée de dirigeants de parti se présentent, ou entendent le faire, ce printemps. Non sans risque pour leur destin national.

Édouard Philippe, le risque-tout au Havre

Ainsi, Édouard Philippe est sans doute la personnalité de premier plan qui mise le plus gros dans les semaines à venir. Maire du Havre depuis 2010, quand il a pris la suite de son mentor Antoine Ruffenach, le président du parti Horizons a déjà sous-entendu qu’il renoncerait à la course élyséenne s’il échouait à se faire réélire ce printemps.

« Si j’échouais à convaincre les Havrais alors que je suis maire depuis 2010, alors qu’ils me connaissent depuis longtemps, qu’ils voient comment la ville s’est transformée, je ne serais pas dans une bonne position pour convaincre les Français, là où les Havrais m’ont donné tort », a-t-il ainsi récemment déclaré sur LCI, laissant peu de place aux doutes si cette première aventure se terminait par un échec.

Un pari d’autant plus risqué pour l’ancien Premier ministre, en perte de vitesse dans les sondages pour 2027, qu’il est opposé à une gauche (hors-LFI) rassemblée et toujours puissante dans ce bastion jadis communiste. C’est d’ailleurs le député PCF de Seine-Maritime Jean-Paul Lecoq sera le candidat de cette gauche estampillée « Front populaire havrais » (PCF, PS, les écologistes). Lors des dernières municipales de 2020, Édouard Philippe qui était encore Premier ministre l’avait emporté avec 58,8 % des voix. Un score qu’il accepterait volontiers cette fois-ci.

François Bayrou se fait désirer à Pau

Plus au sud, à 800 kilomètres de là, un autre ancien locataire de Matignon se prépare. François Bayrou, maire de Pau depuis onze ans (il était resté en poste pendant son passage à la tête du gouvernement), n’a pas encore officialisé sa candidature à un nouveau mandat. Le doute cependant est relativement restreint quant à ses ambitions locales, comme en témoignent les carnets de campagne dans la presse locale.

Récemment, lors de vœux aux forces vives de l’agglomération paloise, le président du MoDem a ainsi pris « un engagement qui n’est pas un engagement de campagne, mais un engagement humain », de contribuer à faire advenir dans la région un « climat d’entente et de volonté. »

S’il officialise cette nouvelle aventure, lui aussi aura fort à faire. Après avoir dû quitter Matignon sur un vote de confiance perdu à l’Assemblée nationale, et une popularité au plus bas, une réélection semble indispensable pour envisager éventuellement une nouvelle candidature à la présidentielle après 2002, 2007 et 2012. Face à lui, la gauche, qui partira divisée, ne désespère pas de reprendre la ville, dirigée par le PS de 1971 à 2014.

Enfin, parmi les rares dirigeants de partis à « prendre son risque », selon l’expression consacrée, on peut également citer Nicolas Dupont Aignan. Le triple candidat à la présidentielle, président de Debout la France est candidat à Yerres, dans l’Essonne, ville dont il a été le maire entre 1995 et 2017. Après un échec surprise aux législatives, celui qui est désormais conseiller municipal, compte bien sur ce scrutin pour reprendre quelques couleurs politiques.

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