lundi, avril 13

  • Donald Trump a annoncé dimanche un blocus naval américain du détroit d’Ormuz, après l’échec des négociations avec l’Iran au Pakistan ce week-end.
  • Que signifie-t-elle et comment les Américains peuvent-ils l’appliquer ?

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Guerre au Moyen-Orient : fortes tensions après l’échec des pourparlers

Verrouiller l’accès au golfe d’Oman, entre autres grâce à l’US Navy. C’est la nouvelle tentative américaine pour contraindre l’Iran à abandonner tout projet d’armes nucléaires, en étouffant son économie et en empêchant les exportations vers ses alliés pour les contraindre à raisonner les Iraniens. En première ligne : la Chine qui achète à Téhéran une part importante de son pétrole et pourrait réagir très fermement. 

« Elle a une arme atomique finale, c’est de bloquer les terres rares. C’est-à-dire qu’un certain nombre de terres rares sont obligatoires, sont nécessaires pour fabriquer les armements des hautes technologies. Et sur certaines terres rares, la Chine a un quasi-monopole », analyse dans le reportage en tête de cet article le général Nicolas Richoux, ancien commandant de la 7e brigade blindée.

Ce samedi, les États-Unis tentaient de solutionner l’autre gros problème du moment : les centaines de navires marchands paralysés par la menace d’attaques iraniennes. Pour tenter de les rassurer, deux destroyers ont brièvement emprunté le détroit d’Ormuz sans déclencher la moindre reprise du trafic commercial. 

« Trop compliqué et trop dangereux »

Des mines pourraient avoir été déployées. Neutraliser ces armes peu coûteuses mais très dissuasives demande des bateaux que les Américains viennent d’envoyer en Malaisie, à 6500 kilomètres de là, sans doute pour les mettre à l’abri d’une frappe, même si Donald Trump ridiculise ses ennemis. « La seule chose qu’ils ont, c’est la menace qu’un navire percute une de leurs mines. Au fait, leurs 28 bateaux mouilleurs de mines reposent au fond de la mer », a lancé ce dernier. Ce triomphalisme n’offre aucune garantie. Un modeste chalutier, une simple vedette peuvent être convertis en lanceurs de mines en quelques heures. 

Le président américain dénonce l’inaction des Européens, notamment de la France, experte dans la lutte contre ces engins, même si sa flotte spécialisée, âgée, est passée de 13 à 8 unités, des bateaux de toute façon vulnérables. « C’est trop compliqué et trop dangereux parce qu’un chasseur de mines, ce n’est pas fait pour faire de la lutte anti-aérienne et ainsi de suite, donc c’est très peu armé. Ils doivent être accompagnés de bâtiments bien plus armés pour pouvoir les protéger », commente Guillaume Garnier, ancien plongeur démineur de la marine nationale, auteur de « Plongeurs démineurs, des hommes ordinaires ».

Emmanuel Macron refuse tout déploiement avant la conclusion d’un accord international avec une autre évidence à l’esprit : au-delà du détroit d’Ormuz, l’Iran représente un péril pour l’intégralité du golfe Persique, plus de 1700 kilomètres de côtes à sécuriser.

La rédaction de TF1info Reportage – Olivier SANTICCHI

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