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Moscou promet une réplique “sévère” aux sanctions européennes prises à l’encontre de la Russie

C’est la plus grosse sanction non militaire la plus dure que pourrait prendre les Occidentaux contre Moscou. Celle de couper la Russie du réseau interbancaire Swift, ce rouage essentiel de la finance mondiale qui assure notamment le transit d’ordres de paiement et de transferts de fonds entre banques. Cette “arme atomique”, qui porterait un coup très dur à l’économie russe, reste “une option” pour Joe Biden, qui a souligné qu'”actuellement cela n’était pas (une) position” partagée par les Européens. Selon lui,  les autres sanctions financières annoncées jeudi par les Etats-Unis et leurs alliés avaient “autant d’impact voire plus d’impact” que cette option réclamée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Selon un diplomate européen cité par l’AFP, plusieurs Etats membres dont l’Italie, la Hongrie et Chypre s’y refusent dans l’immédiat, préférant garder cette mesure en réserve pour un futur train de sanctions.

“Il est très important que nous décidions des mesures qui ont été préparées ces dernières semaines et que nous gardions tout le reste pour une situation où il serait nécessaire de faire d’autres choses”, a déclaré le chancelier allemand Olaf Scholz.

Le chef de la diplomatie de l’UE Josep Borrell s’est contenté de déclarer que ce serait “aux chefs d’Etat et de gouvernement de décider”.

Ukraine : exclure les banques russes de SWIFT, l’arme à double tranchant de l’Occident contre Poutine

Le deuxième pays au monde en nombre d’utilisateurs.

Selon le site de l’association nationale russe Rosswift, la Russie serait le deuxième pays après les États-Unis en nombre d’utilisateurs avec quelque 300 banques et institutions russes membres du système. Plus de la moitié des organismes de crédit russes sont représentés dans Swift, est-il précisé par cette source

Ceux qui s’opposent à une exclusion de la Russie du système Swift auront “le sang d’innocents hommes, femmes et enfants de l’Ukraine sur les mains”, a jugé le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba dans un tweet.

Des sanctions ciblant la finance, l’énergie et les transports

En revanche, les Vingt-Sept ont approuvé jeudi un nouveau train de sanctions contre la Russie, ciblant les secteurs de la finance, de l’énergie et des transports et qui auront des “conséquences massives”, selon leur déclaration à l’issue de leur sommet à Bruxelles.

“L’étouffement de la Russie, le fait de la frapper au coeur par des mesures économiques et financières sera, sur la longue durée, beaucoup plus fort que toute intervention”, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, sur TF1, “L’ensemble des mesures qui vont être prises sont très massives, très spectaculaires, très lourdes et vont être très efficaces, je pense.”

 Approuvées par les dirigeants européens en coordination étroite avec les partenaires et alliés” de l’UE, ces mesures couvriront également les biens à usage double (à la fois civil et militaire) et la délivrance de visas, précise le texte, sans détailler les sanctions. Les Européens prévoient par ailleurs d’élargir leur liste de personnes privées d’accès au territoire de l’UE et dont les avoirs seront gelés.

Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE veulent également “préparer et adopter de façon urgente des sanctions économiques et individuelles supplémentaires” contre le Belarus, accusé d’être impliqué dans l’invasion de l’Ukraine. Allié de Moscou qui partage une frontière avec l’Ukraine non loin de la capitale Kiev, le Belarus accueille quelque 30.000 soldats russes sur son territoire, selon les Etats-Unis Le Belarus est déjà sous le coup de sanctions européennes, à la suite de la répression d’un mouvement de contestation en 2020 et à un afflux de migrants que Minsk est accusé d’avoir orchestré aux frontières de l’UE en 2021.

Ukraine: impossible de se passer du gaz russe aujourd’hui, selon Pouyanné (TotalEnergies)

Des sanctions qui feront de Poutine un “paria sur la scène internationale” (Biden)

De son côté, Joe Biden a annoncé jeudi une série de nouvelles sanctions visant les banques, élites et exportations russes qui vont selon lui faire de Poutine “un paria sur la scène internationale”. Les Etats-Unis vont imposer des sanctions économiques et des restrictions d’exportation vers la Russie, a indiqué le président américain, assurant qu’elles imposeraient un “coût sévère à l’économie russe, à la fois immédiatement et à long terme”. Plus tôt dans la journée, le président américain avait annoncé sur Twitter que les dirigeants du G7, lors de leur réunion virtuelle jeudi, s’étaient mis d’accord pour infliger des sanctions “dévastatrices” à la Russie.

Quatre banques russes supplémentaires vont aussi être sanctionnées et plus de la moitié des importations technologiques de la Russie supprimées, a-t-il affirmé lors d’un discours depuis la Maison Blanche.

“Nous ajoutons également des noms à la liste des (élites) russes et des membres de leur famille qui sont sanctionnés”, a fait savoir le locataire de la Maison Blanche.

Sanctionner Vladimir Poutine personnellement est aussi “sur la table”, a encore dit Joe Biden, sans vouloir donner plus de détails.

Que pèse la relation économique entre la France et la Russie ?

Moscou promet une réplique “sévère” aux sanctions européennes

La Russie ne restera pas les bras croisés. Moscou a promis une réplique “sévère” aux sanctions européennes devant être prises à son encontre, assurant que celles-ci “n’empêcheront pas” l’assistance du Kremlin aux séparatistes dans la guerre contre l’Ukraine.

“Conformément au principe de réciprocité, qui est à la base du droit international, nous prendrons des mesures de rétorsion sévères”, a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

“Les mesures inamicales de l’UE à l’encontre de la Russie (…) ne pourront empêcher le développement progressif” des liens entre Moscou et les séparatistes d’Ukraine et la “fourniture d’une assistance à ces derniers”, a-t-il ajouté.

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Poutine doit comprendre que l’Otan est “aussi une alliance nucléaire”,

Vladimir Poutine doit comprendre que l’Otan est “aussi une alliance nucléaire”, a déclaré jeudi le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, sur TF1, tout en disant privilégier la stratégie des sanctions économiques sur celle de l’intervention militaire.

“Le président Poutine a renié la signature de la Russie puisque tous les actes qui sont posés sont en rupture avec les engagements qu’a pris la Russie”, a dit le chef de la diplomatie française. “Il rompt aussi avec ses engagements personnels avec les uns et les autres, c’est un cynique et c’est un dictateur.”

“Je pense que Vladimir Poutine doit aussi comprendre que l’Alliance atlantique est une alliance nucléaire. Je n’en dirai pas plus”, a-t-il ajouté en réponse aux menaces du président russe sur les conséquences de toute ingérence extérieure dans le conflit russo-ukrainien.

Alors que les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne étaient réunis à Bruxelles pour débattre de nouvelles mesures punitives contre Moscou, Jean-Yves Le Drian a défendu l’efficacité des sanctions économiques.