mercredi, février 18

Trois étudiants, ainsi que l’université de Lille, ont été relaxés, mercredi 18 février, après avoir comparu en janvier pour bizutage ou complicité à la suite de la mort de Simon Guermonprez, étudiant en médecine de 19 ans, en marge d’une soirée d’intégration alcoolisée dans la nuit du 8 au 9 juillet 2021. L’université de Lille a également été relaxée des poursuites pour homicide involontaire, de même que le chauffeur routier qui avait percuté le jeune homme. Cette relaxe générale avait été requise par le parquet lors du procès, le 20 janvier.

Le tribunal a estimé que les investigations n’avaient pas permis d’établir que la victime était ivre au moment des faits, ni que l’étudiant avait été contraint de consommer de l’alcool, ni qu’il ait subi des actes humiliants ou dégradants. Aucun des trois étudiants, dont l’un avait prêté son appartement pour la soirée, « n’a proposé ce soir-là d’alcool à M. Guermonprez », a souligné la présidente en rendant la décision, ajoutant que les consommations étaient coupées, « une dose d’alcool pour cinq doses de boisson non alcoolisée ».

Les témoignages assurent que M. Guermonprez « n’avait pas l’air ivre, n’était pas dans un état second, ne titubait pas, ne bégayait pas », ce qui a été confirmé par des caméras de vidéosurveillance, a-t-elle ajouté. M. Guermonprez, admis en deuxième année de médecine à Lille, participait à une soirée d’intégration organisée par des étudiants plus âgés.

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A l’issue de la soirée, déposé vers minuit en Uber devant le domicile de ses parents dans la métropole lilloise, le jeune homme s’est ensuite rendu sur un pont surplombant l’autoroute A27. Selon l’enquête, il a pris un selfie avant d’être mortellement percuté par un camion circulant sur l’autoroute en contrebas, possiblement en tentant de récupérer son téléphone tombé sur les voies.

Le chauffeur du poids lourd avait affirmé à l’audience que le jeune homme se trouvait sur la bande d’arrêt d’urgence avant de se « jeter » sous son véhicule. « Je n’ai pas eu le temps de piler, il s’est jeté », avait déclaré à la barre cet homme de 50 ans. Le tribunal, soulignant que « M. Guermonprez avait enjambé » la rambarde de sécurité, a estimé que le chauffeur n’avait « commis aucune faute ». Daniel Guermonprez, le père de la victime, avait rejeté la thèse d’un suicide, estimant que la « seule conclusion » possible est que son fils était « désorienté à cause de l’alcool ».

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Le Monde avec AFP

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