
Valère Novarina, auteur, metteur en scène, peintre, est mort à l’Hôpital américain de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), à 5 h 30 du matin, vendredi 16 janvier. Il avait 83 ans. Le théâtre vient de perdre un dramaturge exceptionnel, créateur prolifique dont l’imagination et le verbe échevelé faisaient de la résistance quand le langage se réduit trop souvent à n’être que communication. Plus proche des excès rabelaisiens que de l’économie beckettienne, cet écrivain généreux, chez qui la parole n’était pas bavardage mais brassage vibrant d’émotions, de couleurs, de sensations, de faits et d’actions, polyphonie de drames humains et d’épopées mirifiques, s’était imposé, dès les années 1980, comme le chef de file de l’écriture contemporaine.
Les « Novariniens », nom donné à la tribu de ses interprètes, sont en deuil. Une foule d’acteurs aujourd’hui orphelins. D’André Marcon à Agnès Sourdillon ou Dominique Parent, de Valérie Vinci à Manuel Le Lièvre et Dominique Pinon, de Nicolas Struve au regretté Daniel Znyk (mort en 2006), sans oublier le compositeur accordéoniste Christian Paccoud, complice de bien des aventures et la metteuse en scène, Claude Buchvald, ils sont nombreux à avoir traversé les plateaux de l’artiste. Nombreux à s’être emparés de la folie d’une langue qu’ils embrassaient comme du bon pain mais qui exigeait d’eux, en retour, le meilleur : le souffle, la précision, le muscle, l’enthousiasme.
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