lundi, janvier 26
Des participants scandent des slogans et brandissent une affiche sur laquelle on peut lire « Justice et vérité pour El Hacen Diarra » lors d’une marche en son hommage, le 26 janvier 2026.

L’avocat des proches d’El Hacen Diarra, un homme de 35 ans mort durant sa garde à vue au commissariat du 20e arrondissement de Paris, a annoncé lundi 26 janvier déposer une nouvelle plainte pour « destruction de preuves » et demandé un dépaysement de l’enquête.

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M. Diarra avait été interpellé dans la nuit du 15 au 16 janvier au pied de son foyer de travailleurs. Sur une vidéo tournée par un voisin, on voit deux policiers dont l’un à genoux donnant deux coups de poing en direction de l’homme qui se trouve au sol.

Le parquet de Paris avait annoncé l’ouverture d’une information judiciaire pour « violences volontaires ayant entraîné la mort par personne dépositaire de l’autorité publique » cinq jours après les faits, et deux jours après une demande de l’avocat de la famille, Yassine Bouzrou.

« Opacité persistante »

Lundi, l’avocat a annoncé le dépôt d’une nouvelle plainte, pour « destruction de preuves », dénonçant l’absence d’images provenant des caméras-piétons des policiers intervenus. Le parquet avait affirmé que ces caméras que doivent porter les policiers sur eux « n’étaient pas fonctionnelles, du fait, selon eux, de la décharge de leur batterie, ce qui a été vérifié par l’officier ».

« Une explication techniquement impossible et suspecte », rétorque Me Bouzrou. Il relève que les batteries de ces caméras-piétons sont « censées fonctionner douze heures », et qu’en plus de la vidéo tournée par le voisin, « des témoignages » confirment « les violences policières ».

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« Il est permis de penser que les images des caméras-piétons ont pu être détruites ou dissimulées aux enquêteurs afin d’éviter qu’elles constituent des éléments démontrant les violences commises lors de l’interpellation de M. Diarra ou durant son transport au commissariat », explique également l’avocat dans sa plainte.

« Ce n’est pas l’IGPN [la police des polices] qui a fait les premiers actes d’enquête mais les policiers du commissariat du centre de Paris, ce qui ne se justifie aucunement au vu de la qualité de policier des personnes mises en cause », relève-t-il aussi.

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Dans son communiqué, la famille dénonce « également l’opacité persistante de la procureure » de Paris, Laure Beccuau, ainsi que de la juge d’instruction chargée de l’enquête, qui refusent de « communiquer les vidéos et les conclusions de l’autopsie ». « Face à ces obstructions, la famille demande le dépaysement immédiat de l’enquête pour garantir son impartialité », poursuit-il. « La famille refuse que la vérité soit étouffée. La justice doit enfin agir avec transparence. »

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Après la mort de M. Diarra, le parquet de Paris avait dans un premier temps ouvert une enquête pour « recherche des causes de la mort », et demandé une autopsie. Le 19 janvier, il rapportait que celle-ci « n’apportait pas à ce stade de certitude sur la causalité du décès », et expliquait que des examens complémentaires étaient ordonnés.

Le Monde avec AFP

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