
Au rez-de-chaussée du commissariat du 20e arrondissement de Paris, un corps gît sur le carrelage gris, l’arcade droite balafrée. Il est minuit passé de vingt minutes ce 15 janvier. Après trois quarts d’heure de massage cardiaque réalisé par des policiers puis des pompiers, El Hacen Diarra est déclaré mort. A peine deux heures plus tôt, ce Mauritanien de 35 ans fumait comme à son habitude, assis sur des marches, à quelques dizaines de mètres du foyer où il vivait depuis sept ans.
Dans les heures qui suivent sa mort, une enquête en recherche des causes de celle-ci est ouverte. L’inspection générale de la police nationale (IGPN) en sera chargée le lendemain après-midi, mais les premiers actes d’enquête sont réalisés par des policiers du commissariat du centre (3e arrondissement), avant même la levée du jour. Ils auditionnent leurs collègues ayant interpellé El Hacen Diarra, qui ne sont pas placés en garde à vue mais entendus en qualité de témoins.
Les policiers ont pris leurs fonctions aux alentours de midi, pour une vacation censée durer onze heures. « A 22 h 45, un équipage de la brigade territoriale de contact Belleville contrôlait M. El Hacen Diarra alors qu’il fumait une cigarette artisanale », indique l’IGPN dans un rapport de synthèse daté du 19 janvier. En approchant d’El Hacen Diarra, le brigadier-chef L., 47 ans, affirme sentir « une forte odeur de cannabis ». « Pour nous il présente tous les signes de l’ivresse », estime-t-il.
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