mardi, février 17
L’Institut d’études politiques (Sciences Po) de Lyon, le 16 février 2026.

Le ministre de l’enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a annoncé, mardi 17 février, sur BFM-TV qu’il n’y aurait « pas d’autres meetings » dans les universités si un risque de trouble à l’ordre public est avéré, après la mort du jeune militant d’extrême droite Quentin Deranque.

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« Avec les risques qu’on a aujourd’hui qui sont maintenant tristement très très clairs, évidemment non, il n’y aura pas d’autres meetings de ce type-là dans les établissements » de ce type-là, a déclaré le ministre, précisant avoir envoyé une circulaire aux préfets et aux recteurs en ce sens. Il a toutefois rappelé que la décision reviendrait à la fin aux présidents d’université.

« Des discours qui ont vocation à enflammer les jeunes, à les mettre dans la rue pour avoir des interactions violentes (…), ce n’est pas possible de continuer à avoir ça aujourd’hui au sein des établissements », a encore fustigé M. Baptiste.

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La circulaire évoquée par ce dernier, également signée par le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, rappelle les critères que doivent prendre en compte les présidents d’université pour autoriser la mise à disposition de locaux pour des étudiants qui en font la demande pour une réunion publique : ils doivent concilier « les libertés académiques et les libertés d’expression » et le « maintien de l’ordre dans l’établissement et le bon fonctionnement du service public », en fonction du « contexte » et du « contenu de la réunion ».

« Alors que la violence politique a atteint un nouveau sommet », la circulaire demande par ailleurs aux recteurs et préfets « d’apporter leur expertise » en prenant en compte le « climat très particulier de tensions, voire de violences extrêmes autour de tels événements, comme en témoigne la tragédie qui vient d’endeuiller Lyon ».

Des lésions « mortelles à brève échéance »

Le procureur de la République de Lyon a confirmé, lundi lors d’une conférence de presse, l’extrême violence dont a été victime Quentin Deranque. Selon Thierry Dran, l’autopsie pratiquée a révélé que le jeune homme avait subi « un traumatisme crânio-encéphalique majeur » et « une fracture temporale droite ». Pour les experts médico-légaux, « ces lésions étaient au-delà de toute ressource thérapeutique, et mortelles à brève échéance ».

Le niveau de violence et leurs fatales conséquences ont décidé le parquet à poursuivre l’enquête criminelle sous la qualification d’« homicide volontaire », aggravée par trois circonstances : la réunion, la dissimulation des visages et l’usage d’armes par destination.

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Les enquêteurs ont entendu une quinzaine de témoins, directement concernés par le déroulement des faits. Des analyses de plusieurs vidéos sont en cours. « Les constatations techniques se poursuivent toujours très activement », a rapporté M. Dran, se refusant à toute autre spéculation en dehors du champ des investigations judiciaires.

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Le collectif d’extrême droite Némésis, qui se revendique féministe, a affirmé que Quentin Deranque avait été agressé par des militants antifascistes dont certains issus de la Jeune Garde, une organisation fondée en 2018 par Raphaël Arnault, aujourd’hui député La France insoumise (LFI) du Vaucluse. Le groupuscule antifasciste a, de son côté, assuré ne pouvoir « être tenue pour responsable » de la mort du militant d’extrême droite, « ayant suspendu toutes ses activités » car elle est visée par une procédure de dissolution.

Le ministre de l’enseignement supérieur a fait part d’« une immense colère de voir que le discours politique agressif, dur, violent, se transforme en violence physique », estimant que « là, il y a une responsabilité morale de LFI qui est extrêmement forte ».

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Le Monde avec AFP

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