samedi, mai 18
Lors d’une marche blanche en hommage à Matisse, 15 ans, mort après avoir été poignardé lors d’une altercation, à Châteauroux, le 4 mai 2024.

Environ 5 000 personnes ont entamé, samedi 4 mai à Châteauroux, une marche blanche en hommage au jeune Matisse, 15 ans, tué par un adolescent du même âge le 27 avril, à l’appel de la famille, qui refuse toute récupération politique, a constaté une correspondante de l’Agence France-Presse (AFP).

Sous une éclaircie, la place La Fayette dans le centre-ville était noire de monde, avec, parmi les nombreuses personnes présentes, des élus, portant des roses blanches ou roses. Certaines personnes avaient revêtu des tee-shirts avec des loutres, une référence au surnom de Matisse donné par son père, Christophe Marchais. Les parents de Matisse se tenaient en tête du cortège silencieux, derrière une banderole à l’image de leur fils.

Les commerces étaient quasiment tous fermés et beaucoup avaient sur leur vitrine une photo de l’adolescent ou d’une loutre. Le besoin de faire « quelque chose » s’est imposé pour les professionnels de la restauration de Châteauroux, explique Delphine Chambonneau, propriétaire du Albert Coffee Shop, installé dans le centre-ville. Matisse était apprenti cuisinier au CFA de l’Indre et son père est propriétaire d’un restaurant.

« On se connaît tous. On a tous un lien avec cette famille », explique Mme Chambonneau, alors qu’un tee-shirt avec la mention « restaurateurs et cafetiers unis dans la douleur/Repose en paix Matisse » a été confectionné. La journée du dimanche 28 avril, au lendemain du drame, avait été particulièrement difficile, poursuit Mme Chambonneau. « Tous les clients se mettaient à pleurer. »

Malgré l’appel, notamment, du père de Matisse à se garder de toute récupération politique, vendredi soir, un groupuscule d’ultradroite a déployé devant la mairie des banderoles : « Justice pour Matisse », « Français réveille-toi ». Selon le préfet de l’Indre, Thibault Lanxade, l’opération a été « très rapide ». « Ils étaient une dizaine. Ils ont déroulé leurs banderoles et sont repartis ». L’action a été revendiquée par le groupuscule Animus Fortis.

Un adolescent et sa mère mis en examen

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L’adolescent a succombé à ses blessures le 27 avril, après plusieurs coups de couteau lors d’une « rixe » survenue dans le quartier Saint-Denis, selon la procureure de la République de Bourges. Son agresseur présumé a été mis en examen lundi soir pour meurtre et placé en détention provisoire. Sa mère, âgée de 37 ans et soupçonnée d’avoir « asséné des gifles à la victime » blessée, a, elle, été mise en examen pour « violences volontaires sur personne vulnérable ».

Le meurtre de Matisse survient après une vague de violences entre jeunes, comme le passage à tabac mortel à Viry-Châtillon de Shemseddine, 15 ans, et en pleine campagne pour les élections européennes.

La nationalité afghane des deux mis en examen – en situation régulière en France – a conduit plusieurs figures de la droite et de l’extrême droite à dénoncer la « politique migratoire » du gouvernement.

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Sur les réseaux sociaux et dans des boucles de messagerie cryptée, les photos du suspect, de ses parents et des liens vers ses comptes personnels ont été partagés, a constaté l’AFP. Compte tenu de « pressions » et de la présence de « très jeunes enfants » au sein de cette famille, le préfet de l’Indre a assuré à l’AFP que « des moyens ont été mis en œuvre pour les sécuriser dès jeudi soir ».

« Ne mélangeons pas tout », demande le père de Matisse

Depuis plusieurs jours, le père de Matisse, Christophe Marchais, appelle pourtant à la retenue : « Ne mélangeons pas tout. Faites attention à tous les bords de droite ou d’ailleurs qui s’approprient ce genre de chose », a-t-il déclaré au micro de RTL.

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La famille « ne souhaite pas qu’on parle d’immigration, qu’on parle de la nationalité. Ce n’est pas quelque chose qui leur ressemble », avait rapporté, de son côté, le maire de Châteauroux, Gil Avérous, lundi, lors d’une conférence de presse.

Pour éviter tout débordement lors de l’hommage, la préfecture a décidé du « renfort d’une compagnie de CRS » aux côtés des gendarmes et policiers du département, de la tenue de « contrôles sur les sorties d’autoroute et sur les entrées de l’agglomération de Châteauroux », où des militants d’extrême droite sont attendus.

Le préfet du Tarn a, par ailleurs, pris un arrêté d’interdiction de manifestation dimanche à Albi, un groupuscule d’extrême droite ayant annoncé un rassemblement en hommage à Matisse, et la FSU locale ayant appelé à une contre-manifestation.

Le Monde avec AFP

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